Info news n° 217  Innovation, créativité, incarnation

Dernièrement, un film lié à L’Illiade et L’odyssée est sorti dans les salles de cinéma. Il ne s’agit pas d’une énième version de la guerre de Troie mais plutôt la mise en images du retour d’Ulysse vers sa cité après de longues années d’absence. Il faut rappeler que ces histoires ont été  composées par Homère au VIIIe siècle avant notre ère, L’Iliade et L’Odyssée sont les deux épopées majeures de la Grèce antique.

L’Iliade relate la dixième année de la guerre de Troie et se focalise sur la colère tragique du héros Achille face au destin et à la mort.

L’Odyssée raconte quant à elle le périlleux voyage de dix ans d’Ulysse pour regagner son île d’Ithaque après la chute de Troie.

Alors que la première célèbre l’héroïsme guerrier et la force brute, la seconde exalte la ruse, l’intelligence humaine et la quête du foyer (nostos). Ces deux œuvres fondent durablement la culture occidentale à travers leurs réflexions intemporelles sur la condition humaine.

La ressource cinématographique l’Odyssée est réalisé par C. Nolan avec l’acteur américain M. Damon dans le rôle d’Ulysse. Il y a par ailleurs A. Hataway dans le rôle de Penelope ainsi que L. Niongh’o dans le rôle d’Helene de Troie…. Cette œuvre audiovisuelle est dans les salles depuis le mois de Juillet 2026.

Afin de pouvoir aborder la mise en récit de l’Odyssée, nous souhaitons focaliser la série autour des mots clés suivants : innovation, créativité, incarnation.

Il y a une cruelle hypocrisie dans la manière dont les sociétés, qu’elles soient intimes ou professionnelles, traitent ceux qui se battent. On aime les soldats au front, on applaudit ceux qui acceptent de porter les charges ingrates, de faire le « travail de l’ombre » et d’essuyer toutes les tempêtes que les autres s’empressent de fuir. Mais une fois la guerre finie, le statut change radicalement : on aimait les combattants quand ils étaient utiles ou lointains, mais on n’aime pas les survivants. Leur retour brise le confort d’un deuil arrangé ou d’une paix précaire. Personne n’a vraiment envie de réapprendre à vivre à leurs côtés, de supporter les stigmates de leurs traumatismes, ni de croiser leur regard. Car ces revenants agissent comme un miroir peu flatteur : ils renvoient à l’entourage une lancinante culpabilité face à leur sacrifice, et parfois même une sourde jalousie face à un courage et une résilience dont les autres se savent incapables.

Vient ensuite l’épreuve de la réinsertion sociale et professionnelle, un terrain miné où le revenant se heurte à des intérêts bien installés. Pendant son absence, d’autres ont profité du vide pour s’emparer de son poste, de son rôle ou de sa lumière. Sauf que s’installer dans les bottes d’autrui est beaucoup plus facile que de se créer ses propres chaussures. Ceux qui ont pris la place s’y sont confortablement lovés, ont réécrit les règles à leur avantage et n’ont aucune intention de restituer un trône qu’ils considèrent désormais comme acquis. Pour eux, le retour de l’ancien occupant n’est pas une bonne nouvelle : c’est une menace directe. Plutôt que de faire l’effort légitime de bâtir leur propre trajectoire, ils préfèrent discréditer le revenant, l’accuser d’incompétence, d’obsolescence ou d’ingérence, cherchant par tous les moyens à le maintenir hors-jeu pour préserver leur position usurpée.

C’est pour toutes ces raisons que la reconquête s’avère finalement tout aussi violente, sinon plus, que la guerre elle-même. Sur le champ de bataille, les règles étaient claires, les ennemis identifiés et les coups portés au grand jour. Ici, la lutte se fait à couteaux tirés dans les non-dits, les sourires de façade et l’ostracisme quotidien. Le survivant, qu’il rentre d’un enfer professionnel ou d’une longue traversée personnelle, comprend vite qu’on ne lui fera aucun cadeau. Pour reprendre sa place, il ne suffit pas de revenir : il faut accepter de croiser le fer, de déranger les compromissions et de briser l’ordre établi. Cette reconquête exige de bander à nouveau un arc que les autres espéraient rouillé, prouvant ainsi que la véritable bataille ne commence pas quand on part au front, mais au moment précis où l’on exige de récupérer ce qui nous est dû.

Comment la société en vient-elle à perpétuer des conflits factices pour occuper et maintenir les soldats dans leur rôle de combattants éternels, refusant ainsi de leur restituer leur foyer et les droits de la vie civile qui n’étaient pourtant censés être que temporaires ?

Pour tenter de répondre à cette question, nous abordons les thèmes suivants :

  • Innovation, créativité, inversion
  • Innovation, créativité, incohérence
  • Innovation, créativité, infiltration
  • Innovation, créativité, intronisation

Nous finirons par le témoignage d’une proche revenue prendre ses outils afin de  pouvoir gagner sa vie, après une  période d’absence et qui s’est retrouvée devant un parterre d’adversaires insoupçonnés.

Pour lire le premier volet, veuillez consulter l’info bulle n° 218 : innovation, créativité, inversion.

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