Info news spécial précision n° 7  « intelligence relationnelle, authentique, émotions »

Nous terminons cette série de newsletters qui proposait d’apporter un éclairage sur la grille de lecture nous ayant aidée à construire cette identité professionnelle face à ceux qui tentaient de nous imposer un autre récit, une autre histoire que la nôtre, un autre parcours que le nôtre.

Face à la machination, au deep fake et aux fake news, nous avons réagi laissant nos émotions agir comme une boussole intérieure face à l’inacceptable, la violence, la gratuité de cette violence.

Pour commencer, nous pouvons dire que la mémoire des émotions s’enracine dans les scènes originales et simples de notre vie. Elle ne découle pas que des crises et des traumatismes vécus dans le milieu professionnel ou dans la vie en général.

Nous rappelons que la mémoire des émotions est la capacité à stocker, réactiver et revivre les évènements du passé mais également l’intensité émotionnelle ainsi que la nature de l’émotion qui y associée.

L’authenticité des émotions est une boussole interne qui permet de reconnaitre véritablement ce qui se passe à l’intérieur de nous contrairement au comportement social adopté face à certains évènements.

S’emparer de la réflexivité pour mieux comprendre les émotions qui ont pu surgir en nous loin des diktats de la société est selon nous le seul moyen de proposer des solutions adéquates pour faire face à certains phénomènes ou individus.

Afin que la biographie ou l’autobiographie puissent devenir un outil ou un matériau efficace contre la falsification de la vie vécue, de l’histoire, du parcours, du profil, il est essentiel de mobiliser les quatre éléments cités : la mémoire des émotions, l’authenticité des émotions, la biographie, la réflexivité.

La mémoire des émotions permet d’entrer en relation en dialogue avec ses ascendants et de reconnaitre les moments de vérités affectivités ainsi que les moments de traumatismes subis.

Ce travail tourné vers soi à travers une intelligence intrapersonnelle permet de transmettre une connaissance solide aux générations futures ou encore à tous ceux qui sont demandeurs d’informations difficiles à collecter car peu d’archives ou parce que ce sont des expériences vécues en comités restreints.

De la même manière que le savoir faire des sage femmes est un savoir faire qui se transmet de génération en génération à travers la mise en perspective des expériences passées pour améliorer l’avenir, il est possible également de s’emparer de ses émotions « authentiques » pas ceux affichés en public pour rendre compte d’une situation insolite.

Il existe certainement plusieurs méthodes pour les stocker mais en ce qui nous concerne, pour les recueillir, parfois nous relisons des messages passés pour nous rappeler du contexte de la rédaction du message et de ce que nous avons ressenti. De même, lorsqu’il s’agit d’évènements privés, nous pouvons utiliser les photographies ou les albums personnels…

Mais lorsqu’il s’agit d’évènements survenus en contexte d’apprentissage ou de formation, nous nous remettons dans la posture de l’apprenant, du formé, devant notre ordinateur par exemple et nous laissons nos émotions par rapport aux situations nous guider pour écrire des textes souvent dans un premier temps sans brouillon avant de les mettre en forme pour ne rien perdre.

Ainsi pour illustrer ce que nous sommes en train de dire pour parler de transmission à proprement parlé et de syncrétisme puisque nous avons commencé par ce point, nous n’avons jamais oublié comment dans notre petite enfance, notre arrière-grand-mère chez qui nous vivions originaire du peuple EWE nous permettait d’assister à son rituel des samedis matins pour parler et demander la paix aux ancêtres à travers l’eau ainsi que d’autres boissons….

Dans le même temps, nous avions également une « missionnaire » venue de l’extérieur qui venait de faire lire une bible pour les enfants tous les mercredis après-midis bien avant que nous ne soyons inscrits officiellement au catéchisme. Cette double transmission a existé jusqu’à ce que nous ne déménagions dans une autre maison et que nous ne continuons que le catéchisme et la pratique chrétienne.  Nous avons donc de ce fait considéré les savoirs ancestraux comme culturels puisque sans pratique il est difficile de se définir véritablement comme telles.

Pour changer de contexte, lorsque dans le milieu professionnel, des personnels alors victimes du faux ou étant les usurpateurs m’ayant comparée au virus covid-19 qui sévissait alors, moquée publiquement avec l’usurpatrice mon nez d’africaine qui serait trop court face à l’usurpatrice qui en aurait un refait à l’occidentale grâce à la chirurgie esthétique certainement puisqu’elle était d’une autre origine, nous avons ressenti non pas une colère mais un tel dégoût pour ces imitateurs d’une culture étrangère dans laquelle ils s’étaient assimilées et qui les avait rendus encore plus méprisants que les autochtones, nous avons choisi justement de nous emparer de nos origines de notre authenticité de ce qui fait notre singularité à la fois dans la vie, que dans le parcours pour leur répondre.

En termes de transmission intergénérationnel, concernant nos deux garçons, nous avons essayé d’inculquer la connaissance de leurs origines à travers les voyages et les récits racontés durant leur enfance mais également à travers la transmission des  codes du pays dans lequel ils sont nés avec : l’amour de son histoire, ses valeurs, son mode de vie.

De même dans l’ouvrage dystopique  de M. Atwood publié en 1985, repris sous forme de série « la servante écarlate », nous voyons comment certaines jeunes femmes feignent l’adhésion publiquement alors qu’en privé elles complotent pour trouver un moyen de se libérer de cette prison pour femmes. Nous voyons que pour survivre elles font croire que le conditionnement des bourreaux a fonctionné sur leur cerveau alors qu’en réalité, elles cherchent à gagner du temps pour trouver une solution. Surtout on voit qu’on leur retire leurs enfants pour les conditionner dès leur jeune âge afin qu’ils ne soient pas attachés à leur mère et qu’elles soient juste des génitrices voire des corps à disposition pour le dessein du gourou et de ses partenaires.

Mais l’héroïne garde en tête qu’elle ne peut s’enfuir sans sa fille et va sans cesse chercher un moyen de la récupérer. D’ailleurs on voit dans la première scène qu’elle tente de s’enfuir avec sa fille mais qu’on vient la chercher sous la menace des armes et qu’on la lui reprend et en guise de punition, son identité est encore une fois changé.

Nous voyons dans cet exemple comment l’authenticité des émotions de cette dame lui donne la force de résister à l’oppresseur tout en feignant l’adhésion publiquement.

Cette méthode nous a confortés et permis de relater un récit convaincant pour ceux qui l’ont lu. Nous n’avions pas besoin de nous convaincre que nous n’étions pas ce que les faussaires disaient mais nos émotions étaient utiles et importantes pour le relater tel que nous l’avons vécu.

A titre d’exemple, si pour certains étudier en France très tôt à l’internat est un privilège pour certains, d’autres peuvent l’interpréter comme un « abandon ». C’est justement la mémoire juste des émotions lorsqu’on a vécu l’évènement qui permet de contrer le récit mensonger. Pour ne citer que cet exemple.

Pour revenir à la grille de lecture, nous pouvons dire que nous avons :

  • La capacité à faire le lien, à lier
  • La capacité à avoir une vision holistique d’une situation
  • La capacité à rechercher la compétence adéquate dans son parcours
  • La capacité à recueillir le récit de sa vie pour en extraire les clés

Nous proposons une conclusion sur cette grille de lecture dans une prochaine info bulle

Info bulle spécial précision n° 8

« intelligence relationnelle, authenticité, interculturalité ».

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