
Nous attaquons la 3e partie de na série de newsletters dédiée au féminisme, à la virilité fondamentale sous l’angle de l’éducation collective et familiale reçue par tout un chacun.
Après avoir posé les briques autour de l’instruction puis de l’imprégnation numérique, nous souhaitons dans la présente info news n° 190 aborder le thème de la ville, de l’influence que nous recevons de notre environnement externe. Il faut retenir pour ce n° 190 les mots : féminisme, virilité fondamentale, immersion.
Pour commencer, l’immersion est l’ancrage physique et temporel d’un individu dans un environnement réel donné. Contrairement à l’imprégnation qui est une diffusion invisible (venant des écrans, des algorithmes, de la pensée dominante), l’immersion est une expérience de confrontation directe avec la matière, les lieux et les personnes.
C’est l’idée que nous sommes modelés par notre « territoire » : les rues que nous arpentons, les espaces de travail que nous fréquentons, les visages que nous croisons quotidiennement. C’est une éducation par l’environnement immédiat.
Toutes mes excuses. Voici la synthèse demandée, restructurée en quatre paragraphes, centrée uniquement sur votre distinction entre les lieux réels et mentaux.
L’éducation est le fruit d’une immersion dans un environnement qui forge nos structures mentales. Historiquement, le lieu réel imposait sa loi : le village, régi par le temps long et la visibilité communautaire, favorisait une complémentarité organique des rôles, tandis que la ville, caractérisée par la vitesse et l’anonymat, imposait une éducation à l’autonomie et à la compétition. Ces contextes physiques ont longtemps dicté les modèles de transmission, forgeant des comportements adaptés aux exigences tangibles du milieu.
Cependant, nous assistons aujourd’hui à un décalage croissant entre ce cadre physique et notre lieu mental. Par le biais de notre way of life, nous transportons notre environnement intérieur partout : on peut vivre à Paris en habitant un « village mental » régi par des traditions hiérarchiques, ou vivre dans un village rural tout en étant immergé dans une « ville mentale » mondialisée, individualiste et contractuelle. Cette dissociation entre là où nous sommes physiquement et là où nous nous situons psychiquement crée des sociétés parallèles au sein d’un même espace.
Cette fracture atteint son paroxysme dans le couple. Le masculinisme, en cherchant à restaurer une autorité de type « village » au cœur de structures urbaines, finit par imposer des injonctions déconnectées du réel, tandis que le féminisme, en revendiquant une liberté de type « ville » au sein de structures familiales souvent encore imprégnées de traditions, entre en collision avec son environnement. L’antagonisme actuel est le résultat de cette guerre des géographies : le choc entre des individus qui n’habitent pas le même territoire mental.
Pour sortir de cette impasse et passer de la rivalité à la construction commune, nous devons réaligner nos façons de transmettre. L’urgence est de reconnaître cette dualité entre notre réalité physique et notre projection mentale afin de retrouver une cohérence éducative. Si nous ne parvenons pas à accorder notre way of life avec notre environnement réel, la famille cessera d’être un sanctuaire de communion pour devenir une arène de domination. Réinventer l’éducation signifie, avant tout, réapprendre à habiter le réel ensemble.
L’éducation est le fruit d’une immersion dans un environnement qui forge nos structures mentales. Historiquement, le lieu réel imposait sa loi : le village, régi par le temps long et la visibilité communautaire, favorisait une complémentarité organique des rôles, tandis que la ville, caractérisée par la vitesse et l’anonymat, imposait une éducation à l’autonomie et à la compétition. Ces contextes physiques ont longtemps dicté les modèles de transmission, forgeant des comportements adaptés aux exigences tangibles du milieu.
Cependant, nous assistons aujourd’hui à un décalage croissant entre ce cadre physique et notre lieu mental. Par le biais de notre way of life, nous transportons notre environnement intérieur partout : on peut vivre à Paris en habitant un « village mental » régi par des traditions hiérarchiques, ou vivre dans un village rural tout en étant immergé dans une « ville mentale » mondialisée, individualiste et contractuelle. Cette dissociation entre là où nous sommes physiquement et là où nous nous situons psychiquement crée des sociétés parallèles au sein d’un même espace.
Ce duel constant en chacun de nous, fait référence à cette confrontation qui existe entre cette virilité fondamentale et le féminisme actuel concernant les populations ayant subi des influences néocoloniales ou coloniales.
La question posée initialement sous cette forme « Si l’antagonisme que nous observons n’est pas une fatalité , mais le fruit d’une éducation éclatée, ne devrions-nous pas, en urgence, réinventer une manière de transmettre qui nous permette de passer d’une logique de rivalité à une volonté de construire ensemble ? »
Ne serait -elle pas pour cette newsletter n° 190 celle-ci « comment donner des clés de compréhension claires et simples aux évolutions de la société pour éviter les antagonismes liés au genre ? »
Comme nous le faisons depuis le début de cette série de newsletters, nous proposons ci-dessous le témoignage de la chercheuse en entrepreneuriat féminin :
« Mon travail sur l’entrepreneuriat féminin a déclenché une violence que je n’aurais jamais imaginée. Pour mes détracteurs, mon intelligence et ma rigueur étaient impensables : selon eux, je n’avais pas produit mes recherches par moi-même. Ils ont préféré propager des rumeurs dégradantes, suggérant que mes formes physiques avaient été mes seuls outils de persuasion auprès de mes collègues masculins. Ils sont allés jusqu’à fouiller mon passé pour transformer mon ancienne entreprise de bien-être pourtant spécialisée dans la gestion des risques psychosociaux et des soins de médecine alternative reconnus par l’OMS en une officine de jeux pour adultes. Pour ces esprits étroits, une femme indépendante ne peut être qu’une marchandise ou une séductrice.
Ma vie privée fut la cible suivante de leur obsession. Parce que je n’ai pas suivi les rites communautaires traditionnels, ils ont décrété que mon mariage était blanc, une simple mascarade d’intérêt. Pour eux, le « vrai » mariage n’existe que par la validation publique et rituelle de la belle-famille et du clan ; toute union s’en affranchissant même empreinte de respect mutuel est taxée de factice. Ils ne peuvent concevoir qu’un couple puisse se former par choix propre et non par calcul, car ils habitent un « village mental » où les règles du dogme remplacent toute liberté individuelle.
Ce village mental est si ancré chez eux qu’il est devenu, à mes yeux, une véritable forteresse physique. Lorsqu’ils me voient, ils ne voient pas une chercheuse, mais une anomalie qu’il faut corriger. Face à la modernité de ma démarche, à ma volonté de documenter mon parcours et de partager mes archives, leur système de pensée a littéralement « buggé ». Ne sachant pas comment débattre avec une femme qui expose sa vérité, ils ont choisi la censure : ils ont multiplié les faux témoignages et saboté systématiquement mes blogs et mes newsletters. Ils ont tenté de brûler ce qu’ils ne pouvaient pas soumettre, prouvant par leur violence que leur soi-disant « tradition » n’était qu’un mécanisme de peur face à une réalité qu’ils ne peuvent pas contrôler. »
Ce harcèlement subi par la chercheuse ne constitue pas un incident isolé, mais le miroir d’une pathologie sociale mise en scène avec une précision chirurgicale dans la série The Polygamist (Netflix, 2026). À travers le parcours de ses personnages, l’œuvre illustre parfaitement ce « village mental » qui cherche à s’imposer par la force au cœur de la modernité. Ce qui s’est manifesté dans cette campagne de dénigrement cette tentative de disqualifier une femme pour mieux la soumettre à des logiques de contrôle archaïques se cristallise dans la série sous la forme d’un duel impitoyable : celui d’une souveraineté féminine tentant de survivre face à un patriarcat qui, armé de ses dogmes, refuse d’accepter une autre réalité que celle de sa domination.
Cette dynamique de dépossession se vérifie tragiquement dans The Polygamist, non seulement auprès de l’épouse bafouée, mais aussi dans le traitement infligé à celle qui est désignée pour devenir la nouvelle compagne. Lorsqu’une plainte est déposée après un incendie domestique criminel, la réaction du mari est révélatrice : au lieu de protéger son foyer, il exige le silence pour préserver les apparences et s’empresse de faire taire la maitresse, qualifiée de « bornée » pour avoir osé réclamer sécurité et justice. Cette manœuvre illustre la primauté absolue du dogme sur la réalité : maintenir la structure du « village mental » importe plus que la vie et l’intégrité des individus.
La série souligne également la négation systématique de la contribution féminine. Sous couvert d’une autorité prétendument bâtisseuse, le personnage masculin délégitime le travail d’influenceuse de sa compagne, le réduisant à une activité futile, tout en s’arrogeant la paternité exclusive du patrimoine. Cette réécriture de l’histoire, où l’homme s’attribue les fruits d’une ascension pourtant permise par l’ouverture de portes et les réseaux de sa partenaire, démontre que la domination repose sur un effacement méthodique du rôle économique de la femme. Dans cet univers, quels que soient les succès ou les apports de ces dernières, c’est la structure masculine qui, par la force du dernier mot, cherche à valider sa suprématie sur une réalité qu’elle ne comprend plus et qu’elle tente donc d’asservir.
Si la construction de ces forteresses est du à un long conditionnement suite à une immersion prolongée dans un milieu, une famille, une éducation, des activités, quels peuvent être les solutions pour déconstruire ou transmettre mieux aux jeunes générations ?
Nous poursuivons cette série dans la prochaine info bulle n° 191
Info bulle n° 191 : féminisme, virilité fondamentale, initiation