Info news n° 189 Féminisme, virilité fondamentale, imprégnation

Nous en sommes au 2e volet de la série débutée en n° 187 avec les mots clés : féminisme, virilité fondamentale et éducation.

Après avoir abordé la question de l’instruction, nous souhaitons dans cette info news n° 189 nous focaliser sur les mots : féminisme, virilité fondamentale, imprégnation.

Pour commencer l’imprégnation numérique est le processus d’immersion continue et prolongée d’un individu dans un environnement médiatisé par les écrans et les algorithmes. Contrairement à une simple consommation d’information, elle désigne une influence profonde, lente et souvent inconsciente, qui façonne progressivement les manières de penser, d’agir et de se percevoir.

L’influence numérique ne se contente plus de divertir ; elle est devenue une éducation parallèle en concurrence frontale avec l’instruction sociétale et familiale. Ces « coachs » en virilité, en séduction ou en réussite financière, omniprésents sur les réseaux sociaux, s’imposent comme des guides pragmatiques. En soufflant aux jeunes le message dévastateur : « Ne suivez pas toujours vos parents, ils ne comprennent pas le monde actuel », ils brisent délibérément le lien de transmission intergénérationnelle pour instaurer leur propre autorité, fondée sur la prédation et le rapport de force. Ces influenceurs, aujourd’hui scrutés par les institutions comme le Sénat, ne se contentent pas de partager des opinions ; ils réécrivent le logiciel comportemental d’une génération.

L’instruction des femmes : le piège de l’isolement par la performance Les femmes sont imprégnées par une éducation parallèle qui leur vend une autonomie basée sur la mise en scène et la performance individuelle. Cette instruction numérique leur suggère que le succès véritable réside dans une indépendance totale synonyme d’isolement  et que le couple est une structure « archaïque » qui freine leur carrière. En les incitant à se détacher des valeurs de communion transmises par la lignée familiale, cette imprégnation les fragilise. Elles sont entraînées à adopter des codes de comportement qui, sous couvert d’émancipation, les rendent vulnérables aux manipulations. Privées du socle protecteur et de la sagesse des anciens, elles deviennent des cibles idéales pour ceux qui, sur ces mêmes réseaux, théorisent leur « remise en place ».

L’instruction des hommes : la quête de la virilité par la domination Pour les hommes, cette éducation parallèle est une instruction à la possession. Les coachs leur vendent un way of life où la virilité est indissociable de la capacité à dicter sa loi. On leur répète que les conseils des parents, fondés sur le respect et l’alliance, sont des discours de « perdants ». Au lieu d’apprendre à protéger, à bâtir et à gérer des alliances, le jeune homme est conditionné à considérer chaque relation, et particulièrement celle avec une femme souveraine, comme un terrain de jeu où il doit gagner par l’humiliation ou le contrôle. Cette imprégnation transforme la virilité en un outil de pouvoir brut : le jeune homme ne se sent « homme » que lorsqu’il impose sa volonté par la force, le buzz ou le sabotage, se condamnant ainsi à une vie de méfiance perpétuelle et de guerres domestiques.

A travers cette exploration, nous tentons d’apporter des réponses à la question suivante :

« Si l’antagonisme que nous observons n’est pas une fatalité , mais le fruit d’une éducation éclatée, ne devrions-nous pas, en urgence, réinventer une manière de transmettre qui nous permette de passer d’une logique de rivalité à une volonté de construire ensemble ? »

Pour proposer des éléments de réflexion future, nous proposons ci-dessous la suite du témoignage de la chercheuse en entrepreneuriat féminin :

« Tout a commencé lorsque mon fils cadet, alors en classe de 5e, a été exposé à des algorithmes diffusant des contenus virulents sur la masculinité. Influencé par ces dynamiques, il s’est mis à faire des lives sur TikTok, abordant tous les sujets avec une assurance qui n’était pas la sienne. Ses positions sur les femmes ont suscité de vives réactions, entraînant le signalement et le bannissement définitif de son compte. Depuis, respectant la législation française sur l’accès au numérique, il a cessé cette activité, mais cette expérience a marqué le début d’un engrenage complexe.

Si mon fils a arrêté ses interventions, la situation s’est retournée contre moi. En tant que chercheuse en entrepreneuriat féminin, je suis devenue la cible d’une campagne de harcèlement orchestrée par des activistes en ligne. Ces attaques dépassent le cadre professionnel ; elles visent mon identité profonde :

  • Attaque sur mon identité : Mes détracteurs critiquent mes croyances religieuses, m’ordonnant de rejeter mon prénom de baptême et mes racines occidentales pour retourner aux traditions païennes de ma terre natale.
  • Injonction à la soumission : Ils exigent que je me conforme à un style de vie archaïque : abandonner mon travail et mon blog pour laisser la place à des activistes locaux ou à un « gourou » en Occident.
  • Réduction à la sphère domestique : Selon eux, ma place n’est pas dans la recherche, mais dans la garde d’enfants ou l’assistance aux personnes âgées.

Le conflit est sorti du cadre virtuel pour tenter de briser ma vie privée. À plusieurs reprises, des pressions ont été exercées via ma belle-famille pour que j’accueille la mère de mon époux chez nous. L’objectif était clair : me mettre en échec. On voulait m’imposer la charge de cette personne âgée non autonome, en plus de l’accompagnement de mes propres enfants en situation de handicap (dys), dans l’espoir qu’épuisée, je finisse par renoncer à ma carrière et à mon blog.

Face à ces manœuvres, j’ai tenu bon. J’ai clairement signifié qu’avec l’accompagnement de mes propres enfants, ma charge quotidienne était déjà pleinement définie et que je ne pouvais assumer davantage de responsabilités au détriment de mon autonomie.

Aujourd’hui, la situation s’est apaisée : après avoir vécu un temps auprès de sa propre fille, ma belle-mère est retournée en Afrique. Malgré les tentatives de déstabilisation, j’ai préservé mon travail, mon blog et mes convictions. J’ai refusé de sacrifier mon indépendance sur l’autel de leurs injonctions.

Ces phénomènes de pression numérique et de remise en question des rôles de genre ne sont pas isolés ; ils constituent un sujet de société majeur qui trouve désormais un écho au sein des œuvres cinématographiques contemporaines.

Le film The Polygamist offre un cas d’étude particulièrement éclairant à ce titre. À travers la trajectoire de l’épouse du personnage principal, le récit dissèque les mécaniques complexes de l’influence numérique. Un moment charnière de l’œuvre illustre parfaitement ce basculement : celui où l’épouse, saisissant les codes de l’espace numérique, retourne les outils de surveillance contre son propre mari. Par une stratégie de chantage numérique, elle transforme sa position de cible en position de force, utilisant l’exposition médiatique pour contester les injonctions patriarcales qui pèsent sur son quotidien. Cette bascule, où l’influenceuse déjoue les tentatives de captation de son image en menaçant de dévoiler la réalité du foyer, constitue une analyse pertinente sur la manière dont les femmes peuvent s’approprier les réseaux sociaux pour exercer un contre-pouvoir face à la domination conjugale.

De même, elle fait chanter son mari en l’obligeant à se rendre à leurs vingt années de noces devant des invités prestigieux car elle ne souhaite pas perdre un contrat important lié à son travail sur les réseaux sociaux. Ainsi tout en continuant à donner des conseils sur la vie de couple, en privé et dans l’obscurité elle vivait des moments personnels difficiles.

Quelles solutions apportées aux dégâts liés à l’imprégnation numérique ?

Nous poursuivons notre série dans la prochaine info bulle n° 190.

Info bulle n° 190 : Féminisme, virilité fondamentale, immersion.

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