Info news n° 149 Femmes, Science, responsabilités

Lorsque nous analysons l’envers du décor du marché mondial de la cosmétique, un constat cru s’impose : la prolifération des produits décapants et des substances altérantes n’est pas seulement le fait de réseaux clandestins prédateurs. En tant que consommatrices, il existe une part de responsabilité collective. En acceptant de consommer des produits qui détruisent les barrières biologiques à long terme (insuffisances rénales, atrophie cutanée, ostéoporose gériatrique) pour obtenir un résultat esthétique immédiat, nous devenons responsables de valider le modèle économique de nos propres oppresseurs. Le système ne fait que profiter des failles qu’il entrevoit : l’aliénation esthétique et l’analphabétisme technique.

Si l’on revient au cas de N., la mécanique est rigoureusement la même. Pendant longtemps, face aux blocages institutionnels et aux attaques systémiques, N. a été responsable de ne pas avoir assez valorisé son propre processus de vie, ne voyant que les erreurs, les verrous et les manœuvres de déstabilisation subies. Elle n’avait pas mesuré à quel point l’historique de ses recherches, la traçabilité de ses archives et la structure de son noyau familial constituaient un actif scientifique et managérial d’une valeur inestimable, digne d’être protégé contre les contrefaçons du « haut ».

La rupture avec cette responsabilité subie passe impérativement par la Science et l’instruction. En introduction de cette série, nous évoquions le travail émérite du Professeur Mansour Moudachirou au Bénin, qui a su mobiliser la pharmacognosie pour allier la rigueur de la science moderne au savoir ancestral, sécurisant ainsi les données de santé publique sur les produits de première nécessité.

C’est précisément par-là que nous finissons : l’avenir de la responsabilité et de l’autonomie appartient aux femmes chercheuses, scientifiques et expertes de terrain.

L’urgence absolue n’est pas de réclamer une protection extérieure à des institutions défaillantes, mais de voir émerger et de soutenir une nouvelle génération de femmes scientifiques afrodescendantes et africaines comme le professeur Tebello Nyokong. En investissant les laboratoires, en s’appropriant les sciences, et en codifiant elles-mêmes les normes de conformité (à l’image de notre cabinet et de l’application Or en pépites), ces chercheuses ferment définitivement les vannes de l’exploitation. Elles transforment le savoir endogène en une armure technique , que personne ne peut plus altérer.

Dès lors, une question fondamentale se pose :

Tant que nous laisserons les autres piloter la fabrique du savoir, éditer les normes et analyser nos propres données à notre place, ne serons-nous pas les premières responsables de la spoliation de notre santé et de notre travail ?

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