
Nous terminons comme convenu le portrait de la mère de A. comme annoncé dans la newsletter précédente. Dans celle-ci nous allons aborder la notion de frontière dans la mesure où nous avons exploré différents métissages, mélanges, brouillages de frontières dans les infonews antérieures.
Dans cette série dédiée au fantastique dans laquelle nous avons pris appui sur la série américaine « once upon a time », nous avons tenté de dresser le portrait de la mère du personnage de A. dans nos fictions qui a souvent subie des attaques au nom de l’histoire.
Ainsi, nous avons parlé de : paysages, reliefs, liens et d’arborescence.
Dans, cette présente newsletter n° 136, nous explorons les mots clés suivants : contes, métissages et frontières.
Pour commencer, en géographie la frontière est physique et historique (Ewe à l’ouest, Aguda à l’est du Togo). Elle redéfinit l’identité de carrefour d’une lignée, d’une famille. Elle montre d’où vient un peuple qui a su naviguer entre les mondes.
La frontière est également temporelle en effet il existe une démarcation entre le passé et le présent. Elle peut servir à relater le passé colonial mais où les anciens traumatismes doivent rester à leur place. Chaque génération vit son temps. Cette frontière protège le présent et celui des descendants contre toute tentative d’enfermement dans une histoire qui n’est pas la nôtre.
De même nous pouvons évoquer la frontière culturelle et intellectuelle qui permet de montrer une frontière entre l’ancienne culture coloniale subie et la nouvelle celle de la France d’aujourd’hui dans laquelle nous avons choisi librement de vivre.
Nous ajoutons une frontière intérieure : elle est spirituelle et psychologique. Elle est censée protéger notre territoire intime ainsi qu’à valoriser le temps qui nous est alloué sur terre. En effet nous ne saurions passer des années à restituer un passé alors même que nous ne sommes pas des spécialistes d’histoire d’anthropologie dans le simple but de satisfaire la curiosité et répondre à l’ignorance de mercenaires intellectuels à la solde de personnes assoiffées de pouvoir et en quête de domination.
Pour finir il existe également une frontière juridique, celle de la loi qui peut utiliser les outils du temps présent contre ceux qui tentent de s’approprier l’histoire d’une famille comme d’une arme pour s’enrichir d’une manière illégale.
Pour terminer le portrait de cette femme, la mère de A, des personnes ont tenté de falsifier sa vie pour changer la réalité de A. N’ayant pas réussi avec A, ils ont tenté de mettre son petit-fils dans des groupes de jeunes en s’arrangeant pour qu’il corresponde au portrait de ce qu’il aurait été sa grand -mère et sa mère avaient été ce qu’ils (les faussaires) ont décrit. Ils se sont même permis de faire supprimer ses droits lié à un handicap invisible reconnu depuis son enfance. Le second fils de A a également subi ce genre de mesures sur le plan scolaire.
Akoua-Gan mène donc une retraite plus ou moins paisible après une vie mouvementée qui l’a obligée à prendre ses responsabilités très tôt et à assumer ses erreurs. Le métissage qu’ils ont d’abord subi ne les a pas empêchés d’aller vers les autres cultures. Ainsi les enfants d’Akoua-gan ont vécu en Afrique, dans différents pays, en Europe, et en Asie.
Akoua-Gan a durant toute sa vie permis à des jeunes filles de vivre chez elle, d’apprendre les rudiments de la vie domestique, de la cuisine, d’être instruits un minimum puis d’aller en formation avant de partir vivre leur vie. Elle a aidé un certain nombre de personnes à immigrer dans d’autres pays en Afrique voire même en Europe pour occuper des postes d’assistante maternelle ou d’aide à domicile ou d’aide-soignante pour les personnes âgées.
Ces commerçantes qui l’avaient d’abord inspirées jeune ont également laissé un héritage riche aux générations de femmes d’affaires togolaises modernes parcourant le monde surtout l’Asie.
Elles n’ont plus des berlines allemandes aujourd’hui mais plutôt des véhicules tout terrain, elles ont des smartphones et voyagent partout dans le monde.
Si le textile hollandais n’occupe plus sa place d’antan, il revêt une apparente d’industrie du luxe réservée à une niche mais qui n’en propose ni la communication ni le marketing.
Akoua-Gan a légué comme héritage immatériel à ses enfants et surtout à A, la nécessité de prendre la vie au sérieux, ne pas fuir ses responsabilités.
Nous nous retrouvons pour la conclusion dans l’info bulle à venir :
Info news n° 137 : contes, métissages, mobilités