
Pour terminer cette série d’infobulles commencée en n° 131 avec les mots clés « contes, métissages, fantastique ». Nous avons souhaité mobiliser le registre du monde fantastique en nous appuyant sur la ressource télévisuelle « once upon a time », qui signifie « il était une fois » pour retracer le parcours d’une femme aux origines diverses née avant la fin de la colonisation en afrique de l’ouest. Etant la mère d’un personnage de nos fictions(A), nous avons souhaité parler de sa mère afin de mieux faire comprendre les raisons évoquées par les cyberactivistes.
Nous nous sommes adossées au vocabulaire de la géographie pour conter son parcours qui a subi des bouleversements aussi bien au niveau des frontières terrestres que des frontières culturelles. Nous avons par ce portrait tenté de montrer la difficulté pour ceux qui vivent dans les périphéries à se faire comprendre ou à se faire accepter pour ceux qui sont considérés comme des autochtones. Ces autochtones qui finissent par créer des barrières et des obstacles qu’ils nomment eux-mêmes « malédiction ».
Pour finir, nous souhaitons aborder la question de la mobilité liée aux migrations. La mobilité en géographie ne se résume pas à un simple changement de lieu (le déplacement physique) ; elle englobe les conditions, les raisons et les conséquences de ces mouvements sur les territoires traversés ou habités. Elle rassemble quatre dimensions : la mobilité quotidienne, la mobilité résidentielle, la mobilité temporaire, la mobilité durable ou encore la migration.
Si ce personnage d’Akou – gan a été touchée par trois sortes de mobilités, sa conception de l’instruction a permis à ses enfants d’opérer des mobilités plus ou moins durables afin de parfaire leurs connaissances et d’élargir leurs horizons. Bien que ces cyberattaquants aient voulu les maintenir dans un environnement et dans un no man’s land statique situé dans le passé que ni les uns ni les autres ne connaissent sinon à travers les ouvrages, les descendants d’Akou-gan ont préféré dire qu’ils étaient des habitants du siècle présent avec des normes, des lois, des règles ainsi que des frontières à leur disposition.
Au final, aller invoquer l’histoire, empêche ces personnes qui sous prétexte de chercher des réparations liées au passé (ce que personne ne leur refuse en soi à condition que ce soit symbolique et moral), c’est refuser la vie que nous avons pour aller nous réfugier dans un passé lointain. Il est plus simple de refuser de voir les esclaves du présent, les gens qui souffrent dans le présent, de se battre pour la vraie vie voire même de créer des esclaves dans le présent lorsqu’on se met à se donner le rôle de porte-parole de ceux qui ont jadis souffert d’esclavage, de colonisation, de néo colonisation etc etc etc…
Nous souhaitons rappeler aux justiciers du passé que dans notre siècle présent, certains souffrent de discrimination liée au genre, à la race, à l’âge, à l’orientation sexuelle, au handicap, au handicap invisible…. Etc gageons que les petits enfants de A. n’aillent pas dans une cinquantaine d’années attaquer les descendants de leurs détracteurs actuels pour ces mêmes raisons.
Cela fera peut être l’objet d’une autre fiction !