Info news n° 135 Contes, métissages, arborescence

Dans le prolongement des newsletters précédentes, nous poursuivons notre exploration de cette semaine consacrée aux contes, aux métissages et au fantastique. Nous prenons pour contexte la série « once upon a time » pour tenter de percer un mystère autour d’une attaque cybercriminelle ayant sa source dans le passé à l’instar de la production audiovisuelle choisie.

Dans l’infobulle précédente, nous avons évoqué les liens entre « passé et présent » qui permettent de parler de malédiction liée à des faits historiques tels que l’esclavage, la colonisation ou encore les périodes liées à la France-Afrique.

Dans cette présente newsletter n° 135, nous nous attachons aux mots suivants : contes, métissages, arborescence.

L’arborescence est la structure logique qui organise la transmission des héritages au sein d’une lignée. Chez les Ewe, le matriarcat et le patriarcat coexistent : si le second régit le nom, le matriarcat détient le pouvoir de protection spirituel et la garde du sacré au sein du foyer. C’est la structure hiérarchisée qu’on pourrait appeler « racines ».

le matriarcat n’est pas seulement une question d’organisation sociale, c’est le siège du pouvoir de protection spirituel. C’est par la lignée maternelle que circule la force vitale et la protection des ancêtres sur le foyer.

Le matriarcat n’est pas une prise de pouvoir sur l’homme, mais une organisation de la continuité. Chez les Ewe, il représente le socle invisible de la société.

Le Sang et la Force Vitale : C’est par la femme que se transmet la « sève » de l’arborescence. Elle est la garante de la survie biologique et spirituelle du clan.

Le Pouvoir de Protection Spirituelle : La matriarche détient les clés du foyer. Elle possède une autorité sacrée qui permet de bénir ou de protéger les membres de la famille contre les agressions extérieures. C’est une « douane » spirituelle : rien ne rentre dans le cercle intime sans son aval.

La Solidarité Horizontale : C’est un système de protection mutuelle entre sœurs et mères qui assure qu’aucun membre ne soit laissé à l’abandon.

À cela s’ajoute l’héritage des femmes Agudas, métisses incarnant une aristocratie de la gestion et une autonomie souveraine. Le métissage de ces forces produit une identité puissante, mais devient la cible d’une « malédiction » une force parasite née des traumas historiques qui tente de « hacker » l’arborescence. Elle utilise l’ingérence par alliance pour détourner la protection du clan en outil de spoliation. Conjurer ce sort exige une réparation symbolique : restaurer la souveraineté sur son territoire intime et sa narration pour libérer la lignée de la répétition.

Remonter le temps chez les Agudas, c’est explorer l’histoire des « Brazils », ces anciens captifs revenus d’Amérique (Brésil, Cuba) pour se réinstaller sur les côtes du Golfe du Bénin.

Une Identité de Résilience : La femme Aguda est l’héritière de celles qui ont survécu à la traversée et à l’exil. Elle porte en elle une culture du métissage (africaine, portugaise, brésilienne). La Souveraineté par la Gestion : Historiquement, les femmes Agudas étaient des figures de proue du commerce transatlantique. Elles possédaient des maisons, géraient des comptoirs et éduquaient leurs enfants dans un esprit d’autonomie intellectuelle et financière. L’Interface Culturelle : Elle est celle qui sait naviguer entre plusieurs mondes. Elle n’est pas « enfermée » dans le village ; elle regarde vers l’océan, vers l’instruction et vers le progrès.

En maudissant cette alliance de forces, les agresseurs ont tenté de briser ce qu’il y a de plus haut. Maudire une femme qui détient ce pouvoir spirituel matriarcal, c’est tenter de « couper le courant » de la protection divine pour la rendre vulnérable à la spoliation

En ce qui concerne Akoua-Gan, elle continua tranquillement sa vie en vaquant à ses occupations en acceptant le départ des anciens « amis » ceux qui étaient présent lorsque tout allait bien et qui se sont vite sauvés lorsque la roue a tourné pour elle. En faisant un pas sur le côté, en insérant un peu plus de culture chrétienne dans la vie de tous ceux qui vivaient chez elle pour les plus jeunes. Elle mène cette vie depuis près de vingt ans. Ses petits enfants sont grands, ceux laissés par son fils ainé décédé.  Certains parmi eux, travaillent déjà. Les enfants de A. viennent lui rendre visite durant les périodes estivales. Son ex compagnon s’est remarié et a eu une autre famille.

Après avoir traité les mots clés de la série de newsletters  paysages, reliefs, liaisons, et arborescence. Comme une suite logique et un bloc qu’on pourrait lire ensemble, nous nous attaquerons à la dernière newsletter consacrée aux frontières séparément car si les cultures semblent liées malgré les métissages du temps, de l’histoire, des alliances, de la géographie spatiale et sociale, nous souhaitons souligner qu’il y a bel et bien des différences, des arbitrages et donc des frontières réelles et virtuelles qu’il convient de montrer.

Nous finissons donc cette série avec l’ info bulle n° 136 : contes, métissages, frontières

 avant de proposer une conclusion n° 137.

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