Info News n° 125  Éducation, diversité, capital culturel

Nous poursuivons la série entamée hier concernant l’éducation, la diversité et les énigmes.

Nous rappelons que nous avons prolongé la série de newsletters précédente qui avait raconté une histoire mêlant le passé et le présent. Nous avions compté l’histoire grotesque d’un hacking. L’un des personnages évoquait l’idée que les pirates tentaient aussi de s’en prendre à ses enfants, nous avons donc profité de cet angle pour aborder la question de l’éducation dans la diversité.  Nous avons pris comme point d’appui la ville de Lomé comme destination d’un voyage aussi nous en profitons pour parler des natifs dans l’immigration venant de ce pays ou de la zone dans laquelle elle se trouve géographiquement.

Pour commencer, le capital culturel qui a été théorisé par Bourdieu désigne l’ensemble des outils culturels à la disposition d’un individu. Il se décompose de la façon suivante : l’état incorporé, l’état objectivé, l’état institutionnalisé.

L’état incorporé concerne : l’aisance à l’oral, la culture générale, les manières, l’accent, la confiance en soi.

L’état objectivé : les biens culturels possédés physiquement (livres, tableaux, instruments de musique, accès à des outils numériques)

L’état institutionnalisé : ce sont les titres et diplômes qui attestent de la valeur culturelle d’un individu.

Le capital culturel résulte d’une transmission invisible au sein des familles, de la rentabilité scolaire, les marqueurs de la position sociale (le langage soutenu par exemple).

En ce qui concerne le Togo, il possède un taux de locuteurs de la langue Française selon l’organisation mondiale de la francophonie d’environ 40%. Ils précisent que ces 40% sont souvent en situation de bilinguisme. En effet s’il y a environ 40 langues au sein même du pays, les langues officielles parlées sont le Français, l’Ewe, le Kabyè (dans le nord). Selon les études sociolinguistiques de l’université de Lomé, pour les élites diplômées le plurilinguisme est une norme renforçant les capacités cognitives des enfants de la diaspora. Ainsi avec la proximité du Ghana (anglophone) ils peuvent donc parler Français/Anglais/ Ewé ; Français/Ewe ;

Français /Kabye ; Français/ Anglais/ Kabye etc etc.

En région parisienne, 75% des jeunes issus d’Afrique subsaharienne affichent l’ ambition de faire des études supérieures cependant selon les données de l’Insee ou l’Ined de 2024 au moins 52% d’entre eux réussissent à l’examen du baccalauréat.

Par ailleurs, les enfants issus d’un couple mixte (un parent immigré, un parent né en France) affichent des trajectoires souvent supérieures aux deux autres groupes (enfants de deux parents immigrés ET enfants de deux parents nés en France).  Les chiffres pour les « mixtes » sont très proches de la moyenne nationale française, voire légèrement au-dessus dans les grandes agglomérations comme l’Île-de-France, se situant entre 85 % et 92 % (selon la filière).

Pour tenter de poser la première pierre de l’énigme nous posons les questions suivantes pour les fils du personnage A (en tenant de l’état incorporé, objectivé, institutionnalisé) :

 –  Si les grands parents ont évolué dans une culture française car nés encore pendant les périodes de colonisation, étudié dans des écoles françaises, reçu l’éducation chrétienne pour la majorité, s’ils ont tous appris le français en plus de parler leurs langues maternelles, si ils ont grandi en écoutant les chansons françaises de l’époque, possèdent des bibliothèques, des tableaux surtout des portraits de leurs ainés, qu’ils avaient une collection de disques de musique française, si trois d’entre eux possèdent un diplôme d’études supérieures de France dont un était même professeur d’université et une autre grandi à l’internat de religieuses…

  • Si les parents ont une double culture, parlent depuis leur enfance l’Ewe et le Français, s’ils ont effectué des voyages en France avant de venir s’y installer, si l’un d’entre eux est né en France durant les études supérieures de ses parents, s’ils ont grandi en regardant les films de Louis de Funes, de Bourville, de Fernandel, de Sophie Marceau, s’ils ont passé du temps au centre culturel français souvent, s’ils ont participé aux  semaines culturelles dédiées aux cultures locales, s’ils ont tous deux le baccalauréat et sont diplômés d’études supérieures, s’ils possèdent autant une bibliothèque numérique qu’une bibliothèque normale, des tableaux non accrochés, des instruments de musique, s’ils sont souvent partis à des concerts, s’ils ont été imprégnés de culture à travers le cinéma français et à travers le théâtre africain, s’ils ont été éduqués dans la verticalité et le respect des ainés…

–  Et que les enfants vivant et nés en France parlent le Français, comprennent pour l’ainé l’Ewe mais ne parlent pas encore, Et qu’ils ont été éduqués avec une ascendance d’éducation bienveillante, qu’ils ont été « catéchisés », qu’ils ont tenté d’apprendre à jouer à un instrument à cordes, qu’ils ont été scolarisés à la fois dans des établissements privés d’abord et publics ensuite, qu’ils aiment la musique urbaine pour l’un, les mangas pour l’autre, qu’ils ont souvent visité des lieux d’exposition, des musées, des bibliothèques et voyagé souvent en France et parfois en Europe avec leurs parents, qu’ils sont au moins partis à cinq reprises pour l’un et six reprises pour l’autre dans le pays d’origine de leurs parents pour s’imprégner de leurs racines si l’un d’entre eux a le brevet des collèges et prépare le baccalauréat et l’autre le brevet des collèges dans quelques mois, et que tous deux s’intéressent à l’Histoire de France ..

Sur quels leviers précisément les hackers auraient- ils pu jouer à ce niveau pour tenter de les mettre en échec ?

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