
Comme nous l’avons annoncé nous souhaitons traiter cette semaine de la question des business models (BM) officiels qui basculent en BM officieux dans certaines organisations. Nous avons choisi le contexte de la série Alias créé par J.J Abrams diffusé pour la première en 2001 aux États Unis.
Nous avons opté de nous focaliser sur la première saison pour tenter de comprendre la nature de la force sous-jacente mise en œuvre pour faire en sorte que l’agent change de trajectoire.
Pour commencer la flagornerie est considérée par le dictionnaire comme l’acte de flatter d’une manière outrée et intéressée. Il s’agit d’une flatterie basse.
Elle est basse car elle montre que la flatterie dégrade celui qui l’émet et celui qui la reçoit, même si cela est dissimulé sous des dehors de prestige.
Elle est outrée.En physique, cela correspondrait à valeur excessive. On en fait « trop » pour saturer les « warning » critiques de l’agent et empêcher qu’il ou elle se pose des questions.
Elle est intéressée. : C’est le point de jonction avec le BM. La force n’est pas appliquée au hasard ; elle a pour but unique la captation de valeur. La flagornerie est un investissement dont l’organisation attend un retour sur investissement (ROI) sous forme de loyauté et de performance.
Dans cette info news, nous avons identifié la force de la flagornerie comme premier mouvement mobilisé par l’antagoniste, l’employeur et supérieur hiérarchique véreux de la série Alias.
Cet antagoniste a d’abord identifié des qualités réelles chez le personnage principal. Pour commencer elle est la fille de deux agents américains et russes. Elle est une athlète, pratique des sports de combat, et dans la série est présentée comme polyglotte. Il l’a recrutée alors qu’elle était encore étudiante à l’université.
Pour faire travailler tout cela à son profit, il aimait bien la féliciter pour sa bravoure, lui confier des missions exceptionnelles. Il reconnaissait son habileté et son savoir-faire.
Ainsi ici la flagornerie est présentée comme l’élément permettant d’orienter l’énergie vers une gratification factice et une reconnaissance flattant l’égo.
Dans notre quotidien, la flagornerie ou encore la flatterie exacerbée intervient pour nous amener par exemple à choisir un film plutôt qu’un autre lorsque nous sommes avec des amis. Elle agit aussi comme une force de déviation lorsque nous confortons l’algorithme sur mes réseaux sociaux et que nous sommes enfermés dans nos croyances.
Nous voyons cette force de flagornerie à l’œuvre jusque dans nos parcours de vie les plus personnels. Prenez le cas d’un dossier de handicap invisible : combien de parents s’entendent dire qu’ils sont ‘formidables’ et ‘experts’ de la situation de leur enfant, uniquement pour masquer l’inertie d’un système qui, en les flattant, leur subtilise le temps et les droits auxquels ils prétendent ?
En entreprise, elle permet de demander des heures supplémentaires à une personne qui sera félicitée pour ses résultats exceptionnels alors même qu’elle ne sera pas payée.
Elle peut permettre de poser les bases d’une relation professionnelle déséquilibrée. Elle peut donner l’impression à une subalterne d’être privilégiée d’être reçue dans le logement d’un supérieur plutôt que sur le lieu de travail, tout ceci dans le but final d’effectuer une extraction d’informations précieuses et sensibles sur cette personne qu’on va pourvoir réutiliser à des fins de coercition plus tard.
Ainsi au téléphone l’autre jour, je repensais à une conversation eue avec une connaissance qui relatait ses points d’étapes qu’elle avait régulièrement avec son N+1, sa supérieure hiérarchique et qui tentait d’en savoir plus sur sa vie privée, sa vie de famille.
En l’invitant à travailler à domicile, elle devait sans doute se dire , « je la connais je vois sa famille », ce qui naturellement devait conduire la subalterne à se livrer alors que l’autre ne le faisait même pas en réalité. J’ai cru comprendre qu’elle était souvent sur sa réserve. Elle ne disait pas grand-chose. Elle trouvait cela curieux mais se contentait d’obéir.
Elle avait l’air de dire que c’était une pratique courante dans leur organisation. Cela ne voulait pas forcément dire qu’il y avait une intention quelconque d’autant plus que cela semblait être présenté comme un moyen de réduire le temps de transport vers le lieu de travail principal qui était à une distance plus ou moins longue de leurs domiciles respectifs.
A quoi pourront bien servir les informations qui vont être alors glanées ici et là alors qu’on a tenté de mettre une personne en confiance afin de pouvoir plus tard lui faire faire ce que nous avons initialement prévu pour elle et dont elle n’en a aucune idée ?
Pour le savoir nous vous invitons à lire la prochaine info news, BM, Force, Choc.