
Nous proposons dans cette quatrième étape la dernière newsletter de la série qui tournait autour des élites et du handicap.
Par la fiction et le témoignage, nous avons souhaité rapprocher deux univers qui ne sont en général pas mis ensemble. Nous ne voulons pas nier le prestige des élites mais nous voulions aussi souligner une forme et une part de vulnérabilité dans l’exercice de leurs fonctions.
La fiction qui a été choisie est la série française de six épisodes GIGN diffusée depuis juillet 2026 sur la plateforme Netflix. Le personnage principal de cette série est joué par l’acteur T. Sisley.
L’interrogation qui nous a permis d’effectuer cette exploration en quatre étapes opposait deux forces : celle de la privation et celle de la légitimité (reconnaissance professionnelle).
Ayant déjà abordé les étapes : gestion, perception, obligation, nous proposons dans cette news n° 263, il faut tenir compte des mots clés suivants : élites, handicaps, réfutation.
La réfutation est l’action de réfuter, de détruire, de contester une thèse adverse pour mieux défendre sa position.
En sciences, le réfutable est l’acte qui permet de réfuter d’invalider une théorie ou une thèse après un moment d’observation.
Les caractéristiques de la réfutation : elle procède de la réactivité, elle apporte des arguments contraires, elle doit opérer une distinction utile entre la personne et la thèse.
Il existe plusieurs sortes de réfutation du point de vue de la stratégie : la réfutation de la structure ; la réfutation sur le contenu : la réfutation sur la portée.
Nous nous limitons dans cette exploration à la réfutation sur la portée.
La réfutation sur la portée permet de limiter les effets d’une thèse adverse, borner son champ d’application. Elle consiste à : réduire l’impact, dénoncer l’excès, déplacer le domaine.
Pour réfuter la portée de l’impact du travail d’une élite, il suffit pour certains de montrer que cette élite n’a pas les caractéristiques d’une élite classique, de montrer que son travail n’est pas vraiment utile, que son travail n’est pas assez authentique et que cette élite peut être remplacée soit par un autre collègue qui n’aurait pas travaillé autant que lui ou elle sur le sujet soit par une machine.
Pour réfuter par exemple le handicap, ou la portée du travail d’un aidant auprès d’une personne portant un handicap visible ou invisible, il sera possible de minimiser les résultats en les faisant diminuer en qualité d’une façon ou d’une autre. Il sera possible aussi de mettre en cause le suivi mis en place par l’aidant auprès des personnes concernées, il sera aussi possible de mettre en doute ses capacités pour le faire.
Mais dans les deux cas, réfuter est un exercice et un art que ceux qui savent argumenter, créer, savent faire par pur esprit de contradiction, de compétition, en proposant des constructions purement théoriques qu’ils vont ensuite tenter de faire correspondre à la réalité en se servant de leurs pouvoirs, de leurs réseaux, de leurs privilèges et de leur prestige.
Mais à quel moment une construction théorique devient-elle machiavélique et nécessite-t-elle l’intervention des autorités ?
Nous proposons la suite et fin du témoignage de notre connaissance débutée en n° 260.
Alors qu’on cherchait à la déposséder à travers le vol de ses données, certains ont jugé bon de dire qu’elle était facilement remplaçable et qu’ils n’avaient nullement besoin d’elle. Ce qu’elle accepta en s’en allant sans se retourner. Ils ont trouvé le moyen alors qu’elle était partie de lancer une sorte de « fatwa » contre elle à travers un harcèlement ignoble sur les réseaux sociaux.
Elle serait inutile, l’intelligence artificielle ou d’autres candidats seraient mieux qu’elle. Elle se disait, « mais je suis partie, faites avec vos génies ! » mais à sa grande surprise, ils ont fait voler par la ruse son passeport africain en le donnant à une « ennemie » de la nation afin que les agissements de ce sosie lui retombent dessus afin de la garder sous la main. Pourquoi ? Pourquoi les génies mieux qu’elles puissent écrire ouvertement avec le travail qu’elle allait être obligée de faire en off sous la menace et l’intimidation.
Voyant que la candidate ne se laissait pas apprivoiser et qu’elle n’entendait pas se laisser accuser sans réagir, ils s’en sont pris à ses enfants en mettant en doute le réel impact de son travail auprès d’eux remettant même en cause les dix années de suivi effectués auprès de professionnels reconnus en faisant dire que rien n’était fait et qu’il fallait purement et simplement arrêter de les aider avant d’en être sûrs en sachant que les difficultés allaient s’accumuler pour eux et parfois seraient irréversibles.
Ce challenge de la destruction à travers la construction intellectuelle s’arrogeant des droits divins pour recréer des êtres humains, ayant été démasqué par la victime. Ils ont décidé de dire que l’usurpateur l’avait fait pour aider une personne souffrant du cancer. La personne malade n’a pas droit à l’arrêt maladie pour se soigner ? Les employeurs n’acceptent pas la non-productivité des élites en cas de maladie ?
Une autre question demeure, la dame qui est persécutée n’est-elle pas mortelle ? quels seront les effets secondaires de cet acharnement sur elle sur sa santé et celle de ses enfants dans le futur ?
Nous imaginons que pour ces génies, « tuer » une personne inutile et sans importance selon eux, pour en sauver une autre est un droit « d’élites ».
Réfuter le travail, la vie, le dévouement d’une personne à des fins d’enrichissement personnel ou même de vengeance, quel impact cela a-t-il ?
Nous voyons ci-dessous, une autre séquence de la fiction GIGN que nous avons choisie pour cette série de newsletters.
Alors que l’acteur principal l’officier et responsable est parti enquêter tout seul de son côté sans son équipe et avec son « protégé » comme coéquipiers, un évènement inattendu se produit. Il s’éloigne pour aller voir et lorsqu’il revient le témoin interrogé est mort. Le « protégé » l’a tué lors d’une bagarre entre le criminel et lui.
À ce moment-là, le mentor choisit de prendre sa place et de s’accuser du crime à sa place afin qu’il puisse faire carrière. Il finira par lui avouer qu’il est son véritable père. Mais les criminels ne s’arrêteront pas à ce niveau, ils iront prendre en otage la fille de l’officier dans son école de musique, alors qu’elle vient d’être libérée, on entend une explosion celle d’une voiture et la femme de l’officier qui se tient près de la voiture est à côté. La saison une de la série s’est arrêtée sur cette scène.
Cette fin de série chargée d’émotions et de tensions, nous montre comment un homme qui a dû sauver de nombreuses vies durant toute sa carrière n’a pas pu protéger convenablement sa propre famille. On voit aussi que toutes les vies sauvées n’ont aucune importance, l’erreur qui a meurtri des parents le poursuit y compris dans sa vie privée, dans les secrets.
Au regard de ce dernier témoignage, ceux qui s’en prennent à des enfants, n’ont-ils pas la crainte de représailles futures ? Pensent-ils que cela n’arrive qu’aux autres ? Sans adhérer à la violence, au fait de se faire justice soi-même, ni même à la vengeance, la force de la privation pour des enfants qui sont en passe d’être détruits pour des raisons financières et idéologiques, ne risque-t-elle pas de se transformer en énergie de destruction à son tour ?
Au final, l’élite n’est-il pas plus handicapé que le porteur de handicap qu’il essaye de détruire dans notre témoignage ?
Nous proposons une conclusion à cette série de newsletters dans l’infobulle à suivre : élites, handicaps, rétorsions.