
Nous en sommes à la deuxième news de la série qui est dédiée aux élites et aux handicaps.
Nous sommes partis de l’interrogation qui cherche à comprendre comment deux forces en présence a priori antagonistes arrivent l’une l’autre à obtenir ce qu’elles pensent mériter.
Nous avons souhaité traiter cette série en quatre étapes comme les autres sous l’angle de la gestion, de la perception, de l’obligation et de la réfutation.
A cela, nous avons proposé de prendre comme référence audiovisuelle la série GIGN présente depuis juillet 2026 sur la plateforme Netflix.
Dans la newsletter précédente, nous avons montré les bases de la force de la privation pour le témoignage et celle de la frustration liée au fait de ne pas arrêter le travail pour l’officier qui souhaitait partir en retraite.
Dans la présente news n° 261 intitulée : élites, handicaps, perception, nous mettons en avant la perception liée aux antagonistes.
La perception est un terme désigne tout le processus par lequel un individu va faire le tri, l’analyse et comprendre des faits, des informations, des évènements, une situation etc…
La perception au sens où nous l’entendons implique un jugement plus ou moins conscient de la personne qui reçoit l’information. Cette perception dépend entièrement de sa capacité à comprendre son environnement de façon adéquate ou de sa philosophie de vie.
La perception que nous avons d’une personne inconnue, d’une situation inédite non encore élucidée peut être culturelle.
La perception que nous avons des élites en général est liée à la façon dont ce groupe d’élites est présenté médiatiquement. Elle peut également dépendre de notre rapport à ce groupe d’individus.
Certains nous inspirent de la crainte et de la méfiance comme les forces de l’ordre et d’autres de la sympathie et du respect comme les professeurs ou les médecins en fonction des expériences que nous avons eu à vivre avec chaque groupe.
Cette perception lorsqu’elle est totalement erronée par rapport à la réalité et aux faits peut conduire à des situations ambiguës, confuses voire conflictuelles.
La perception du handicap varie en fonction des organisations, des interlocuteurs, des milieux professionnels.
Si nous revenons à la situation de notre témoin, quelle perception l’usurpateur a-t-il pu avoir d’elle ?
Notre témoin n’a pas donné d’informations précises sur sa vie privée lorsqu’elle effectuait ce travail de recherche pour protéger la vie privée de ses enfants.
Le fait qu’ils sachent qu’elle avait deux enfants l’âge des enfants était une information amplement suffisante et eux même savaient et disaient à qui voulait l’entendre que vouloir faire ce genre d’expérience avec des enfants était très difficile et qu’il fallait bien y réfléchir. Ne sachant pas ce que ses enfants avaient au départ, les bilans et les diagnostics ayant été faits en cours de route, elle ne pouvait pas les prévenir et quand bien même, elle ne se sentait pas suffisamment soutenue (hormis par une poignée de personnes) pour le faire.
Ils se sont mis en tête bien qu’ils ne l’avaient pas financée qu’elle était paresseuse, qu’elle était une imposture et qu’elle devait travailler deux fois plus dans les mêmes conditions pour leur être rentable. Ils sont partis chercher des informations administratives sur elle sans vraiment savoir comment les interpréter et ont décidé de lui dresser un profil et un portrait dans lequel elle ne se reconnaissait pas pour justifier de s’accaparer de ce qui lui appartenait.
Ils se sont rapprochés de personnes haut placées pour lancer des accusations erronées contre elle, ceux-ci ont ordonné sa mise sous surveillance ainsi que celle de sa famille comme si ces personnes qui étaient présents sur le territoire étaient subitement devenus des criminels et que cet usurpateur allait aider la nation à se débarrasser d’ennemis imaginaires.
Ces personnes haut placées inexpérimentées ont adhéré à cette vision des faits et autorisé la persécution mais voyant à la fin qu’elles s’étaient trompées, ils ont décidé d’anéantir les enfants de cette femme pour l’intimider et la faire taire. Ainsi le handicap ne devait plus être soigné ni pris en compte dans la scolarité afin de mettre en échec. De l’autre côté, des ennemis complices devaient induire l’aîné en erreur afin de lui créer des problèmes avec la justice en faisant intervenir les forces de l’ordre quitte à la braquer chez elle.
Tout ceci pour opérer un racket en bande organisée pour leurs besoins respectifs dans leur carrière d’élites…
Lorsque la vie d’un élite empêche d’avoir une vie privée et qu’elle commence à vouloir la détruire sans porter de fruits par ailleurs, que peut -on faire ? Les laisser tout détruire ou se battre en dévoilant toutes leurs machinations ainsi que leurs complices sans exception ?
Nous rappelons que la victime a cherché à rentrer dans son pays d’origine, quitté depuis près de quarante ans, au moins pour y travailler, ils l’en ont empêchée en s’accaparant ces documents administratifs d’origine pour les donner à d’autres afin de la garder sous leur joug de façon arbitraire et autoritaire.
Nous ne cherchons pas à pousser à la révolte mais à comprendre comment des élites peuvent être amenées à détruire la vie privée et la vie professionnelle d’une femme, d’une famille sous prétexte de carrière, de reconnaissance, d’avancement illusoire et artificiel ?
Notre témoin quant à elle, a estimé devant cette incompréhension à tort ou à raison, qu’elle avait été victime de « racisme », de discrimination liée à sa couleur de peau, à son âge et à son genre.
La logique de destruction de la force antagoniste dite de légitimité (ou recherche de reconnaissance) se voit également dans la série GIGN choisie.
Nous voyons que les deux responsables qui ont attaqué cette unité d’élites pourtant irréprochable en apparence au début de la série semblent avoir un grief sérieux contre elle. En effet, lors d’une prise d’otages, ces deux personnes ont perdu leur petite fille qui s’est cachée dans une pièce piégée par une bombe. Le personnage principal et son feu binôme arrivés dans la pièce ne s’entendaient plus. Un lourd secret entre eux venait d’éclater. Malheureusement, seul l’un d’entre eux a pu être sauvé et l’autre ainsi que la petite fille y sont restés.
Les parents n’ayant eu que des données abstraites à analyser, ne connaissant rien de la réalité des évènements, ont décidé de se venger car ils considéraient que leur fille ainsi que le collègue décédé avait été sacrifiés par celui qui est resté en vie.
Ces parents meurtris pensaient venger leur fille et pensaient l’officier survivant coupable alors que les choses étaient plus nuancées.
La résolution de cette affaire va permettre de comprendre la nature du secret mais cela n’empêchera pas les assaillants de mener leur opération jusqu’au bout tentant même de prendre la vie de la famille de l’officier ainsi que sa carrière par la même occasion.
Nous voyons que dans le cas du témoignage, ce qui ne se sait pas, ce qui ne se voit pas devient un vide habité par des croyances, des impressions, une connaissance erronée des faits, des gens, des situations.
Nous voyons également que la fiction nous présente un désir de vengeance, un désir de reconnaissance de la culpabilité d’un officier en se faisant justice.
Dans un cas comme dans l’autre, ces assaillants ne risquent -ils pas d’aller tout droit à leur perte en emportant avec eux toutes les personnes honnêtes qui pensaient servir la nation en s’en prenant à cette famille, à cette femme ?
Pour la suite, nous vous invitons à consulter l’infobulle n° 262 : élites, handicaps, obligation.