Info news n° 241 Réseaux, équilibre vie privée – vie familiale, Financement alternatif

Nous proposons dans les prochains jours, une série de news fictions comme nous en avons l’habitude lorsque nous souhaitons présenter une histoire plutôt que des news à lire les unes après les autres. Ceci,  afin d’en tirer les problématiques qui sont adossées à un problème systémique.

Dans la série à suivre, nous abordons la question du financement illicite qui sévit dans certaines communautés des pays du sud en occident. En effet, pour ceux qui ne sont pas éligibles au système de microcrédit, ou aux crédits classiques auprès de banques traditionnelles, il existe toutes sortes de solutions alternatives pour trouver un financement dans les pays d’origine.

Nous avons choisi de nous inspirer des systèmes que nous avons vu dans nos communautés tels que la tontine ou encore le « gadiga » tel qu’on le nomme dans notre pays d’origine : le Togo pour raconter notre histoire.

Le gadiga ( en terme EWE) est une sorte de prêt usuraire auquel une personne va avoir recours lorsqu’elle n’aura pas eu accès à un crédit classique.

La tontine réunit un groupe de personnes qui vont mettre leurs ressources ensemble. Chaque mois une personne va retirer l’entièreté des cotisations financières, le mois suivant ce sera au tour d’une autre et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le monde ait été payé. Par exemple, il y aura dix personnes qui devront déposer chacune 500 euros tous les mois et à tour de rôle chaque membre va prendre toute la somme pour réaliser un projet, durant 10 mois consécutifs afin que tous soient payés au moins une fois avant de recommencer.

La fiction à venir va aborder les deux mécanismes pour pouvoir  montrer que les mécanismes de prêts inhabituels et non encadrés par l’état sont aussi susceptibles de provoquer des mécanismes de remboursements illicites si la personne qui  a effectué l’emprunt n’est plus apte à rembourser dans les temps impartis. Ces usuriers traditionnels qui ont modernisé leurs pratiques continuent de sévir dans tous les domaines et nous souhaitons aborder à travers ce récit la question de l’accès au financement mais également les systèmes de pouvoir existants à l’intérieur des familles ainsi que des belles familles capables de freiner ou briser les trajectoires professionnelles des femmes qui sont considérées dans certains milieux comme des propriétés personnelles de familles dont elles ont épousé un membre.

Nous présentons donc dès la semaine prochaine, l’histoire d’une femme d’âge mûre que nous nommerons S.A. qui fait partie d’un groupe de tontine. La créatrice de la tontine influenceuse a un compagnon usurier qui à travers un système sophistiqué de blanchiment de capitaux va investir d’une manière informelle dans le business libéral du   couple de SA. Il utilise ce moyen pour faire de l’entrisme familial d’une part, et en profite pour s’approprier avec la complicité de SA les fruits du travail, le futur héritage et l’identité de sa belle-sœur qu’elle déteste farouchement afin de se faire rembourser de la somme qu’il a prêté à S A et à son époux pour leur business libéral.

Étant donné qu’il s’agit d’une opération risquée et illégale dans la mesure où ils vivent en Europe et non en Afrique, ils vont devoir user de ruses diverses et multiples pour parvenir à leurs fins en mêlant culture et traditions africaines comme moyens légaux pour accéder illégalement à ce dont ils n’ont pas normalement droit.

Ce récit nous invite à réfléchir aux rapports de force au sein de familles qui se servent du mariage comme outil d’assujettissement et de captation de valeur mobilière ou immobilière en toute légalité. La conciliation vie privée vie professionnelle dont nous parlons habituellement dans nos écrits n’est -elle pas davantage un frein à l’émancipation et à l’autonomisation économique de certaines femmes ? Comment alors que des personnes qui n’ont pas investi sur vous peuvent -elles subitement sous prétexte de mariage venir s’approprier vos biens en toute légalité en invoquant la tradition, la culture, la solidarité familiale ? Un prêt illicite n’entraine-t-il pas automatiquement un remboursement non conforme et illicite également ?

 Nous tentons de répondre à ces questions, dans les news fictions à venir :

  • Réseaux, équilibre vie privée-vie familiale, pacte cruel
  • Réseaux, équilibre vie privée-vie familiale, entrisme idéologique
  • Réseaux, équilibre vie privée-vie familiale, choc culturel
  • Réseaux, équilibre vie-privée-vie familiale, refus catégorique

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