
S.A arrive à la réunion de tontine chez sa copine l’influenceuse. Leur groupe de financement solidaire souhaite prendre une autre direction. Jusqu’à présent, elles se réunissaient une fois par mois et chacune devait apporter 500 euros. Comme cela faisait trois ans que ce système marchait assez bien, le compagnon de l’influenceuse, la directrice de la tontine souhaitait leur soumettre une idée brillante. Cet monsieur que nous nommons l’usurier. De son côté, il avait créé un système de financement illicite de petites et moyennes activités à des personnes qui n’avaient pas accès aux ressources traditionnelles soit pour des raisons d’endettement, soit pour des raisons administratives soit pour des raisons d’incompatibilité avec leur statut officiel.
En effet, ce groupe de financement solidaire avait une particularité, elles étaient toutes salariées ou avaient une activité déclarée mais en exerçaient une autre non déclarée qui rapportait au moins une somme de 500 euros par mois ou plus, et c’est la raison pour laquelle le montant minimum était de 500 euros pour chacune.
Les activités annexes étaient diverses et variées dans le secteur des services, du prêt à porter, du travail manuel etc etc.
Arrivée tôt à la réunion, elle feuilletait tranquillement un magazine en attendait ses copines. Subitement elle entendit l’usurier discuter au téléphone dans une autre pièce. Elle ne put s’empêcher de l’écouter.
« Oui je sais, le coup que je préparer, s’il marche, nous pourrons tous partir en retraite et nous faire oublier, c’est un gros coup… mais c’est risqué ! Il nous faut une identité il nous faut un passeport d’un autre pays ».
SA. se rapprocha pour mieux entendre l’usurier.
« En plus je veux créer une fausse entreprise audiovisuelle, une sorte de tv numérique, je prendrai les papiers de cette personne pour le faire, faire un prêt, on ira chercher de bonds financements puis au moment où ils s’y attendront le moins, on va tout liquider et partir au soleil avec nos sous et l’identité. S’il y a un problème, nous ne serons pas inquiétés, le ou la « pigeon (ne) » aura des problèmes… »
SA. voulut participer à cette opération, elle attendit que l’usurier ait terminé son appel pour faire son entrée.
- Bonjour l’usurier dit elle
Il se retourna d’un air hautain comme à son habitude, se demandant ce qu’elle lui voulait.
- Bonjour SA, que puis-je faire pour toi ? les autres ne sont pas encore arrivées, je vais vous exposer mon projet pour faire croitre votre tontine dés qu’elles seront toutes présentes.
Elle lui répondit qu’elle savait mais qu’elle souhaitait parler de son affaire, de recherche de papiers et de tv web numérique.
Il fut d’abord agacé par son indiscrétion mais fit mine de vouloir l’écouter.
- Je t’écoute…
- Bien voilà, tu as dit que tu cherchais un pigeon ou une pigeonne ? J’en ai une pour toi… Je te préviens ca va être compliqué, elle vit en France… Nos idées ne passent pas auprès d’elle, il faudra peut-être se passer de son consentement. Répondit SA.
Toute excitée, SA se mit à parler de sa belle sœur , cette femme étrange que son frère avait épousé et qui se prenait pour une « blanche » ! quelle idiote !!
- L’usurier très étonné lui dit : mais tu sais que ca va affecter aussi ton frère ?
- Justement c’est là que tu interviens, il faudrait qu’on la fasse passer pour ta maitresse pour que mon frère se détourne d’elle mais avant on va lui subtiliser son autre passeport ce sera mon cadeau d’aurevoir pour elle ! jadis nous avons eu une altercation, je lui ai promis qu’elle devrait me passer sur le corps pour être avec mon frère et je tiens toujours mes promesses…
SA. se mit à expliquer comment elle haïssait la femme de son frère qu’elle surnommait l’idiote de service ou encore la malpolie qu’elle et sa famille étaient justement des proies et cibles à atteindre et qu’ils seraient parfaits pour le plan de l’usurier. En plus, ce que lui rapporterait cette opération pourrait aider le cabinet de son mari en difficulté financière.
L’usurier surpris par cette proposition, demanda des informations sur cette femme car il souhaitait d’abord enquêter sur elle et promit de réfléchir à la proposition de SA.
A l’entrée, du bruit se fit entendre, les autres participantes de la tontine venaient d’arriver.
L’influenceuse toujours vêtue comme une rock star alors qu’elle ne savait ni chanter ni danser ni écrire ni rien, mis à part faire des babillages sur des sujets sérieux qu’elle pensait maitriser, fit son entrée impériale telle une déesse comme elle aimait se nommer.
- Mon maitre tu es là ? oh… SA, je ne savais pas que tu étais déjà arrivée !
Si je ne connaissais pas le sérieux de mon dieu sur terre, mon bienfaiteur, mon capital, je ferais une énorme crise SA ! Que faisais tu seule avec lui ? Tu sais que tout doit passer par moi !
- Excuse-moi claire ! tu sais que notre devise dans le groupe c’est « il faut battre le fer tant qu’il est chaud » j’ai saisi une opportunité… tu sais que nous sommes des winners !
Répondit SA. Puis elle poursuivit
- T’inquiète pas, rien d’important, j’ai enfin l’occasion de remettre cette connasse dont je te parle depuis toujours à sa place… l’aliénée qui se prend pour une blanche… la femme de mon frère.
Les autres arrivèrent et la réunion put commencer. L’usurier exposa son plan.
Bonjour les filles, j’ai une idée pour vous, vous allez toutes créer des sites internet et faire du e-commerce. Mon staff se chargera de vous faire domicilier à l’étranger pour que vous ne soyez pas dérangées par qui l’état, et vous pourrez augmenter votre cotisation de tontines de 500 euros, vous passerez à 1000 euros dès l’année prochaine. Mon staff s’occupe de tout, on a une idée pour chacune de vous. Comme vous avez toutes des communautés, ca devrait aller…
La réunion s’est éternisée car elles avaient pas mal de questions à poser sur le fonctionnement, les produits, leur provenance etc… elles se doutaient qu’elle seraient des prête -noms pour des activités illicites mais tant que cela leur rapportait et leur permettait d’épargner à l’étranger afin de réaliser des projets ailleurs que sur le continent européen ou les contrôles étaient plus sévères et plus réguliers, cela leur convenait.
Cette tontine leur avait déjà permis de se mettre chacune quinze mille euros de côté en trois ans. Elles espéraient atteindre cinquante mille euros en passant en dehors des radars pour réaliser leurs différents projets et accroitre leurs investissements dans leurs pays d’origine.
Ce groupe n’était pas qu’une communauté de femmes se réunissant pour s’aider mutuellement. Elles partageaient également une idéologie, elles avaient une philosophie de vie et fonctionnaient en quelque sorte comme une armée secrète ou une secte dont le gourou était l’usurier. Il donnait les orientations, proposait des idées, composait des groupes de soutien, de financement, d’activistes influenceurs etc etc. Chaque groupe générait de l’argent à sa façon.
La réunion prit fin, et l’usurier put enfin raconter la conversation qu’il a eue avec SA à sa compagne et influenceuse. Elle fut surprise mais conforta son compagnon dans l’idée que cette fille, cette idiote aliénée méritait une leçon comme tous ceux qui avaient de la sympathie pour les « blancs ».
Quelques jours semaines plus tard, l’usurier contacta SA avec sa compagne ils discutèrent tous les trois. Il dit ceci, j’ai fait une enquête sur cette nana, elle est du potentiel « pigeonnable » pour nous ! tout ce qu’il faut comme il faut… d’ailleurs je ne veux pas juste ses papiers, je veux tout ce qu’elle a !! une idiote comme elle, ne mérite rien, c’est ma déesse claire qui mérite toute cela… Mais comme elle vit en France, il nous faut une équipe solide. On va appeler les autres.
Mais SA, voilà le deal : on te promet de la démolir, à la fois dans son travail, torpiller son mariage, nuire à sa famille et en contrepartie on garde ses affaires toi tu prends 10% en plus on paie les dettes de ton mari et on obtient des parts dans son cabinet, comme cela on fera passer de l’argent par lui…
Claire demanda, mais si nous réussissons, elle devient quoi ?
SA reprit : nous allons réussir ! elle est stupide et se prend au sérieux ! elle fait juste la belle alors que c’est une naine…
L’usurier répondit : elle sera notre bonne, voilà ce que méritent ceux qui pactisent avec l’ennemi ! on prendra tout.. elle sera à notre service puis on avisera car vivante, elle pourrait nous causer beaucoup de problèmes. Mais avec tout ce qu’on va lui infliger, si elle ne se jette pas par la fenêtre ou ne finit pas en hôpital psychiatrique, je ne m’appelle plus Osiris !!
L’usurier continua : en plus j’ai eu la bonne surprise de savoir qu’elle était sans mon centre de formation pas le mien directement celui que nous convoitons. Nous allons en profiter pour les avaler en faisant pourrir leur fruit vert dont ils sont si fiers !
Mais je dois réunir tout mon staff pour qu’on mette cela au point comme il faut.
Comme tous les membres de la tontine ou des autres groupes, ils avaient tous une activité officielle, étaient des personnes ordinaires dans la société bien intégrées, mais ayant une sympathie pour une idéologie digne des sectes, en cachette. A l’exception du groupe de sans-papiers, qu’ils surnommaient affectueusement les « gueux » ou les « sans- dents ».
Avant de prendre congés, SA leur dit « je vais jeûner pour que ce projet fonctionne » et « je vais appeler le pays et demander à ce qu’on tue un mouton et qu’on le distribue aux pauvres pour que les ancêtres nous soient favorables. Je compte vraiment sur vous. Cette fille et sa religion sont une épine dans nos pieds, on aimerait bien sans débarrasser ! »
En partant, SA se dit : « elle va enfin comprendre qu’il ne vaut mieux pas m’avoir comme ennemie ! quand je pense qu’elle s’en fiche et qu’elle vit sa vie tranquille alors que je ne rêve que d’une chose la booster dehors, je vais enfin y parvenir avec ce groupe de cons ! Ils me servent à me faire du fric sous les radars mais vraiment quels couillons quand même ces gens-là ! »
Restés seuls claire et son compagnon, se mirent à discuter et se dirent que ce deal, ce pacte secret était une aubaine pour eux. Mais comment faire avec le centre de formation ? Tout le staff devra plancher. Ici nous ne sommes pas en république bananière, cela ne va pas être simple ! Tout dépendra si cette idiote est docile facilement domptable ou pas…
Nous poursuivons la suite de notre news fiction dans l’info bulle n° 243 : Réseaux, équilibre vie privée-vie familiale, entrisme idéologique.