
Nous concluons la série de newsletters débutée en n° 235 tournant autour des mots clés : femmes, ascension et rivalités. Quelques formes d’ascension ont été relevées et mises en avant en tenant compte de deux contextes : celui de la fiction de cette semaine « Les tudors » et celui du monde professionnel de notre témoin dans sa version anonyme.
La fiction qui a été choisie met en scène les intrigues s’étant déroulées autour du Roi d’Angleterre qui a permis l’avènement de l’église anglicane : Henri VIII . Nous avons pu y voir le rôle qu’ont joué les femmes de sa vie et l’influence qu’elles ont exercé sur cet homme de pouvoir à travers leurs agissements et leur rapport respectif à l’autorité qu’elles ont incarnée ainsi qu’au pouvoir qu’elles ont détenu.
Par cette série de newsletters, nous avons souligné plusieurs types d’ascension en nous basant sur un témoignage personnel qui rend compte d’ un antagonisme entre deux femmes dans un univers particulier et qui s’est transformé en guerre de clans dans un premier temps puis d’idéologies dans un deuxième temps au fur et à mesure que de nouveaux acteurs se sont joints à cette guerre.
A travers cette variété d’infonews, nous avons voulu souligner le fait que la forme revêtue par l’ascension dépend entièrement de l’idée qu’un individu se fait de la réussite, du pouvoir, de l’autorité etc. Certaines la voient comme un moyen de régner sur les autres, d’avoir des subalternes, des « sujets » sur lesquels il faut régner, et des personnes à qui il faut donner des ordres. D’autres la voient comme l’aboutissement de longues années de travail couronnées par des succès successifs qui donnent une certaine reconnaissance, une aura ainsi qu’une respectabilité. D’autres encore la considèrent comme le moyen d’exprimer, de créer , de faire entendre une voix en se créant un parcours conforme à ce qu’elles ont vécu en tenant compte des avantages, des limites liées non seulement à leur personne mais également aux obstacles produits par l’environnement externe et interne.
Réunies dans un même lieu, le témoignage laisse penser qu’à aucun moment, il n’y a eu rencontre entre ces différentes conceptions de l’ascension ni aucune reconnaissance de l’altérité. Le témoignage nous donne l’impression qu’il y a eu une escalade en fonction des moyens et des forces de chacune. Nous pourrions même reprendre une citation vue sur la page numérique des nations unies que nous paraphrasons : « la guerre éclate lorsque l’humanité échoue ». Et lorsque l’humanité échoue, le droit, la loi, les règles viennent rappeler aux uns et aux autres les limites et les inconvénients de l’usage de la force.
A la question délibérément naïve que nous avons d’abord introduit en n°235 sur l’existence d’une forme d’ascension sans rivalité, nous répondons sans détours que la réponse est positive même si notre cas montre que malgré tous les efforts du témoin, certains se sont déclarés rivaux ou concurrents. Le cas nous confirme qu’il est possible de créer son chemin, sa voix, sa voie en étant lucide et le fait que des individus mal intentionnés se soient dressés sur sa route ne signifie pas pour autant que ce soit un mauvais choix. Ceux qui aiment la guerre trouveront toujours une raison et un moyen de la faire. Le fait même qu’ils viennent tenter de troubler notre quiétude signifie-t-il que nous devons renoncer à créer notre voie et commencer à guerroyer pour aller récupérer la vie et les accomplissements des autres ?