
Nous poursuivons la série de newsletters consacrée cette semaine aux différentes formes d’ascension des femmes dans les organisations.
Pour mieux situer notre propos, nous avons choisi d’éclairer avec un angle audiovisuel comme le faisons habituellement dans nos newsletters. La série choisie est une production internationale mettant en lumière plusieurs actrices à la cour du Roi Henri VIII.
Dans la newsletter précédente, nous avions parlé de la coopétition qui menait inévitablement à l’affrontement lorsque des profils assez différents étaient en concurrence ou contraintes de travailler ensemble.
Dans cette présente newsletter n° 237, nous souhaitons présenter comment les clans, les camps et les alliances se forment de manière tacite sans accord écrit préalable pour défendre des intérêts convergents par l’intermédiaire de la connivence. Ainsi les mots à retenir sont les suivants : femmes, ascension, connivence.
Habituellement, le dictionnaire donne comme synonymes au terme connivence : participation, entente secrète ou complicité.
Nous allons donc aborder cette newsletter sous ces trois aspects.
Il y a connivence entre des individus lorsqu’une personne participe de façon directe ou indirecte à l’accomplissement d’une action y compris lorsqu’elle ignorait le but final. En effet, si nous relayons sur une plateforme numérique sérieuse des informations appelées de nos jours fake news pour faire de l’audience et profiter d’une situation qui met une tierce personne dans l’embarras, nous avons participé au lynchage public en quelque sorte et aidé les commanditaires à atteindre leur but : discréditer la personne ciblée ou visée.
Il y a également connivence lorsque deux personnes censées êtres ennemies ou adversaires se mettent ensemble pour nuire à une troisième dans le but de se partager des gains plus conséquents ou encore un travail qui nous intéresse pour la propulsion de nos carrières respectives. En effet aider des ennemis à atteindre des objectifs fait de nous leur alliés de circonstances donc co auteurs de leurs machinations.
Enfin il y a connivence lorsqu’une jeune fille payée pour réaliser un outil applicatif qui a été conçu entièrement par une autre personne qui paie la réalisation alors qu’elle en a fixé le prix elle-même, et qu’à la fin elle se targue de l’avoir créé auprès de tierces personnes pour s’en attribuer le mérite et ainsi participer à la spoliation de la personne qui a fait appel à elle en toute confiance et bonne foi au départ.
Les connivences tacites qui s’opèrent lors d’ascension irréalistes et illégitimes, ne sont -elles pas dangereuses pour les personnes qui les acceptent ? Tous les partenaires sont -ils utiles pour atteindre le sommet d’une carrière ?
A cette question dont les réponses ne seront jamais exhaustives, nous tentons d’apporter un éclairage à travers la production audiovisuelle choisie et le témoignage que nous poursuivons après.
Concernant la série de quatre saisons, les Tudors, dépeignant la cour d’Henri VIII à l’époque de la création de l’église anglicane, nous avons souhaité regarder de près le bal des femmes du roi et particulièrement celles qui ont réussi à accéder au trône à ses côtés : les reines.
Nous voyons que pour évincer le cardinal Wosley détesté de tous à cause de ses abus, des partenaires devenus ennemis après se sont mis ensemble. Bien qu’ayant choisi de mettre une femme à ses côtés afin de le détourner de son épouse légitime, ils ont fait en sorte de discréditer l’émissaire du pape à travers l’exposition de ses transgressions. Il y a ceux qui voulaient écarter Wosley, ceux qui voulaient en finir avec l’influence de l’église catholique, ceux qui voulaient juste accéder à la cour et ainsi obtenir des privilèges que seuls ceux qui accédaient à la cour du roi pouvaient espérer obtenir. Mais pour la tentatrice devenue reine, ce sont ses mêmes partisans qui l’ont aidée à gagner le cœur du roi en écartant officiellement la reine Catherine qui se sont ensuite retournés contre elle à la fin pour qu’elle soit déchue et décapitée.
Quant à notre témoin, qui a assisté à un bal des faux culs pendant quelques mois de la part de certains membres de son entourage, les choses ont été de mal en pis. Voulant exister par son travail, ce que l’adversaire de son ancienne « supérieure » lui refusait souhaitant la cantonner à rôle de subalterne afin de les humilier toutes les deux, comme elle se sentait humiliée et rabaissée elle-même de n’avoir droit qu’au niveau 1 d’une formation dans laquelle sa rivale avait plus de légitimité et la responsabilité du niveau 2, ce qui faisait d’elle sa supérieure alors qu’elle était plus gradée en titre ! Ce qui était ubuesque comme situation.
Son camp machiavélique a entrepris d’aller chercher la jeune fille qui était tenue de réaliser techniquement une application conçue par notre témoin afin de lui demander de donner la version ios à un groupe d’activistes. Si elle refusait, ses papiers ne seraient pas renouvelés. Notre témoin raconte que la jeune s’est mise à avoir des problèmes de renouvèlement de ses papiers administratifs autorisant son séjour dans le pays en question. Ils ont fait de facto de cette jeune fille leur complice. L’objectif de cette manœuvre était de faire croire que la cible la novice appartenait à un groupe d’activistes hostiles au pays dans lequel ils résidaient tous.
Nous voyons à travers ces cas que parfois la connivence pour atteindre un but peut devenir un poids à porter durant longtemps et devenir une épine dans nos chaussures pouvant entraver notre marche. Qu’elle soit innocente ou voulue, la connivence dans une situation d’adversité n’est jamais banale. Elle entraine forcement une facture sous forme de dette morale ou financière que certains s’étonnent ensuite de devoir régler.
Si le temps des alliances est un temps calme, d’observation, de réflexion, de mise en route de plans à exécuter, quelles formes prennent les combats pour une évolution professionnelle ou autre dans la mesure où nous ne sommes plus sur des champs de bataille comme au temps d’Henri VIII ?
Nous poursuivons dans l’info bulle n° 238 : Femmes, ascension, combat.