
Nous en sommes au premier volet de notre série de newsletters destinés à parler : des femmes et leur style d’ascension.
Pour poser une référence audiovisuelle, nous avons choisi les Tudors, production internationale qui décrit les intrigues liées à l’église au schisme avec l’église catholique de l’époque ainsi que celles qui concernaient les différentes reines et concubines du Roi Henri VIII.
Nous avons posé un certain nombre de questions hier dans la news n° 235 et dans cette news n° 236 consacrée aux mots : femmes, ascension et coopétition, nous souhaitons explorer les suivantes : Existe-t-il une forme d’ascension pouvant écarter la rivalité ? quel en est le risque ?
Nous avons déjà évoqué le fait qu’il existe plusieurs sortes d’ascension : héritée, conquise, construise.
L’ascension héritée lorsqu’il concerne le milieu professionnel peut être considérée comme une sorte de passation de pouvoir entre un ainé et son dauphin ayant travaillé ensemble sur une longue période et qui pour assurer la continuité ou la pérennité et ainsi rassurer les partenaires va devoir léguer le poste le pouvoir à une personne de confiance qui va poursuivre les mêmes projets et travailler de la même manière.
L’ascension conquise peut se voir en milieu professionnel au cours des prises de pouvoir hostiles au sein d’un conseil d’administration afin de changer la gouvernance d’une organisation. Elle s’observe aussi au cours d’ élections internes lorsqu’une personne va réussir à convaincre le maximum de personnes qui croient au projet qu’elle défend.
L’ascension construite est celle qui va consister pour une personne à créer son propre style de vie, son marché, un produit qui va générer des concurrents et par la même occasion la naissance d’un secteur d’activité. Elle n’est pas linéaire, peut se faire dans le temps durant des périodes précises plus ou moins longues provoquant des bonds et une progression tant au niveau personnel qu’au niveau des compétences.
Lorsque des personnes qui ont ces différents profils sont réunis au tour d’un même but et que malheureusement un affrontement survient, les méthodes pour mettre KO les adversaires peut varier en fonction de la conception que ces femmes auront du pouvoir, de la responsabilité, de l’autorité.
Mettre autant de profils différents ensemble n’est ce pas une erreur et un risque pour une organisation qui doit avant tout penser à sa productivité ? Comment se conduit une personne habituée à la verticalité, ayant hérité d’un poste d’une responsabilité, d’un projet face à une personne qui a conquis tout ce qu’elle a obtenu dans la vie ? Et comment se conduit cette personne qui a pour habitude de conquérir lorsqu’elle est face une autre qui préfère construire et être libre ? La guerre n’est -elle pas inévitable surtout si certains qui ne sont pas des femmes attisent les querelles et tirent les ficelles en coulisses pour plus de gain ?
Il n’existe évidemment pas de réponse parfaite à telles questions, d’autant plus qu’il y a autant de possibilités et de dénouements que de personnes concernées. Néanmoins nous allons prendre le cas d’abord de notre référence audiovisuelle de cette semaine puis nous enchainerons avec le témoignage de notre connaissance.
Pour ce qui est de la série les Tudors, nous pouvons voir une forme de coopétition autour des hommes d’influence de la cour. Ils sont tous chrétiens et sont tous au service de la royauté mais chacun œuvre en coulisses pour ses intérêts personnels et ses croyances. D’un côté il y a le représentant de la papauté conseiller fidèle du roi dans la première saison qui est détesté par bon nombre de sujets du roi et qui complotent en secret pour l’évincer.
De l’autre côté, il y a ceux qui sont proches de Luther et qui souhaitent l’avènement d’une église réformée qui se séparerait du pape et de Rome. Ces deux camps sont parfaitement incarnés par des femmes.
Nous avons d’une part, la reine Catherine d’origine espagnole épouse légitime du roi qui a hérité de son titre et fait un mariage de convenance comme c’était le cas auparavant avec le frère du roi avant de l’épouser une fois son mari décédé. Elle est du côté de l’Espagne, l’empire, et son mariage est soutenu par le Pape.
D’autre part, nous avons Ann Boleyn, la tentatrice devenue reine après avoir évincé la reine, et par le biais de son camp qui a acquis de l’influence au fur et à mesure du temps, réussi à séparer le pays de la papauté donnant ainsi un pouvoir également spirituel au roi.
En ce qui nous concerne, ce n’est pas vraiment un affrontement entre deux femmes mais un affrontement entre partisans de l’église catholique et ceux qui représentaient la future église d’Angleterre. Ces deux reines n’en étaient que les incarnations. Si l’une a été répudiée, l’autre ne lui aura pas survécu longtemps puisqu’elle a fini décapitée.
Nous retrouvons cette même situation dans le témoignage que nous souhaitons livrer.
Notre témoin a passé quelques années dans un centre de formation puis y a travaillé quelque temps avant de les quitter. Ce qui représente au total sept années si nous ne comptons pas l’année de pause. Un poste s’ouvrait pour accéder au grade ultime des formateurs de ce secteur d’activité. La femme qui l’avait directement supervisée était en lisse et une autre personne d’un autre institut également en plus d’autres candidats. Ils se trouvent que celle qui venait de l’autre institut a été privilégiée et recrutée.
Seulement, une fois arrivés, elle était responsable du grade 1 de leur formation commune tandis que celle qui n’a pas été retenue a gardé le grade 2 de la formation. Cette situation les a mises dans une sorte de compétition et coopétition forcées.
Ne souhaitant aucune forme de concurrence, celle qui venait d’arriver se sentant supérieure, a lancé une guerre sans mercis à l’égard de la novice qui venait d’être formée afin de discréditer son travail, sa vie, ses enfants dépassant même le cadre professionnel pour asseoir sa supériorité dans une quête désespérée de légitimité, de respect de pouvoir. Elle souhaitait la soumission totale des femmes en face comme si elles le lui devaient.
Nous avons une femme qui a connu une ascension dans la verticalité et en quelque héritée par ses mentors d’une légitimité. Nous avons ensuite une femme que nous avons considéré comme outsider bien qu’elle fasse partie du milieu et qu’elle ait des soutiens importants qui a conquis ses titres et ses postes.
Enfin, nous avons une apprenante bien que d’âge mure, qui a entièrement construit son parcours et ses compétences sur de longues années puisqu’elle venait d’un pays étranger même si elle avait fini par se considérer comme citoyenne à part entière après ses longues de présence sur le territoire.
Dans cette lutte acharnée pour asseoir une légitimité et obtenir une soumission qui ne s’obtiennent jamais par la force et la contrainte, tous les moyens déloyaux et inhumains ont été mis en œuvre.
Qui a gagné entre ces deux femmes ?
Nous poursuivons la suite de ce témoignage et la série dans l’info bulle n° 237 : Femmes, ascension, connivence.