
Nous poursuivons le témoignage commencé depuis l’introduction pour cette série dédiée à l’excellence applicative et à la performance.
« Dès 2012, j’avais mis de côté un tableau brouillon que j’appelais alors portefeuille de compétences, articulé en trois volets : savoir, savoir-faire, savoir-être. À l’époque, j’avais conscience que le CV, dans sa forme unique, ne permettait pas de montrer tout ce qu’un individu pouvait réellement apporter à une entreprise. Toutefois, la norme était à la concision absolue : les lettres de motivation et les CV d’une seule page étaient de rigueur, conseillés partout. Je me suis donc résolue à laisser ce projet de côté, ne l’ajoutant qu’occasionnellement à certaines de mes candidatures.
Puis, au fil de mes lectures en m’appuyant sur les principes stratégiques de Sun Tzu dans L’Art de la guerre ainsi que sur l’adaptation de Chin-Ning Chu dans L’Art de la guerre pour les femmes, et en explorant divers travaux sur la réflexivité dans le travail j’ai entrepris de transformer ce brouillon en un texte rédigé, en puisant également dans mes propres origines des concepts comme la maïeutique Ewe inscrit au patrimoine mondial à l’Unesco.
C’est dans ce contexte que j’ai été confrontée à un chercheur senior qui, sans même me connaître, m’accusait de tous les maux et remettait en question ma capacité à avoir produit mon propre travail. Pour répondre à cette remise en cause, j’ai proposé un essai : une première version de mes recherches sur l’excellence opérationnelle, que j’ai fait mettre sous copyright pour éviter que l’on ne m’accuse encore d’avoir volé mon propre travail. Cet essai démontrait que l’excellence opérationnelle pouvait s’appliquer à un registre personnel, bien au-delà de l’industrie, des forces de l’armée ou de la simple exécution.
En réalisant qu’ils s’étaient fourvoyés, les personnes qui ont orchestré ces manœuvres n’ont pas cessé leurs agissements. Au contraire, ils ont choisi la menace, m’intimidant ainsi que ma famille, et plus particulièrement mes enfants, pour me forcer au silence et tenter de s’approprier non seulement mon travail initial, mais également cette nouvelle approche de l’excellence opérationnelle. J’ai alors compris qu’il n’y avait aucune méprise sur ma personne ni aucun doute réel sur mon travail, mais une volonté délibérée de s’approprier mon œuvre par la force. Chez nous, on appelle cela le « patapaa » : le passage en force pour obtenir quelque chose auquel on n’a pas droit. »
Nous rappelons que la problématique posée en introduction est la suivante :
Mais comment mettre en lumière cette performance individuelle à travers un curriculum authentique malgré la standardisation imposée par les grandes structures ?
Dans la mesure ou nous avons commencé à y répondre dans la newsletter précédente, nous consacrons la présente newsletter n° 207 aux mots clés suivants : excellence applicative, performance, cv authentique.
Pour commencer, la transition de l’ébauche vers le texte abouti n’est pas ici une simple mise en forme, mais un processus de naissance intérieure. Là où certaines approches de carrière, comme celle explorée par cette autrice dans un autre registre, s’appuient sur des stratégies de conquête pour naviguer en milieu étranger, ma démarche emprunte une voie radicalement différente : celle de la maïeutique Ewe.
La maïeutique Ewe est une sagesse ancestrale de la parole révélée, fondée sur la conviction que la vérité ne s’impose pas, elle s’accouche. En puisant dans cet héritage culturel comme matrice, je fais de mon identité le socle de ma pensée. Pour traduire cette essence dans mon quotidien en France, j’articule mes réflexions autour d’une authenticité pratique : une méthode où la réflexivité et la mémoire des émotions ne sont pas des abstractions, mais des outils concrets de structuration. La réflexivité permet d’observer le « brouillon » du vécu pour en extraire le sens, tandis que la mémoire des émotions garantit que le texte final reste vibrant et fidèle à ma vibration intérieure.
Contrairement à la quête de réussite par l’adaptation tactique, ce travail est une réappropriation souveraine. Le brouillon, perçu comme un désordre, devient le terreau où l’intuition culturelle se rencontre avec l’exigence intellectuelle. En faisant de la maïeutique Ewe mon fil conducteur, je ne cherche pas à naviguer dans le système par le combat, mais à exister pleinement par une parole juste et opérationnelle. Ce passage du brouillon au texte rédigé est un acte d’incarnation : une mise en ordre où ma culture devient la boussole, et mes outils une architecture rigoureuse permettant à ma pensée de se déployer avec toute sa force singulière. Cette authenticité pratique transforme ainsi chaque mot écrit en une manifestation réelle de qui je suis, ancrée dans la réalité de mon environnement tout en restant inaltérable dans son essence.
Nous devons préciser que l’authenticité peut être située à un niveau individuel mais également appliquée à un collectif. Ainsi, l’exemple de la série documentaire que nous avons choisi concernant les cheerleaders des Dallas Cowboys présente sur la plateforme Netflix illustre cet aspect. Le groupe , le collectif devient l’entité authentique.
La série America’s Sweethearts: Dallas Cowboys Cheerleaders offre une immersion dans l’exigence et la rigueur nécessaires pour intégrer l’une des équipes de danse les plus prestigieuses au monde. Sous la direction de Kelli Finglass et Judy Trammell, le processus de recrutement et de formation vise à créer une unité parfaite, où chaque danseuse apporte son parcours unique au service d’un collectif soudé. L’émission illustre la transformation de profils variés, qu’il s’agisse d’une infirmière jonglant avec des gardes à l’hôpital ou d’une femme mariée et pratiquante, en membres pleinement intégrés à cette institution. Cette méthode met en avant une discipline collective où l’engagement individuel permet de porter l’identité visuelle et symbolique de la marque. Plutôt que de gommer les personnalités, le staff s’attache à les canaliser pour qu’elles deviennent des ressources essentielles à la réussite du groupe. Chaque candidate apprend à sublimer ses compétences techniques et son attitude pour s’inscrire dans une tradition d’excellence partagée. C’est le récit d’un dévouement commun où la force réside dans la cohésion, permettant à ces femmes de briller ensemble sur le terrain. L’accent est mis sur la transmission d’un savoir-faire spécifique, garantissant que chaque nouvelle recrue devienne un maillon indispensable de cette équipe emblématique.
Une fois créée, à quelle cible, quel type de cible pouvons-nous , nous adresser ?
Pour lire la suite, veuillez consulter l’info bulle n° 208 : excellence applicative, performance, cible.