Info news n° 200 Engagement, habileté sociale, altruisme

Nous poursuivons la série de newsletters consacrées à l’engagement, aux habiletés sociales commencée en n° 199.

Nous avons proposé comme ressource filmique pour cette série de newsletters, le « Masque de Zorro » réalisé par M. Campbell. Cette version cinématographique faisait des acteurs du grand écran comme A. Hopkins, A. Banderas et C. Zeta- Jones.

Dans la présente newsletter n° 200, il faut retenir les mots clés suivants : engagement, habileté sociale, altruisme.

Nous rappelons que selon dans notre contexte, l’altruisme doit être considéré comme toute activité choisie ou imposée par une circonstance pour servir la nation, la communauté ou encore une cause.

Pour commencer, l’altruisme est souvent résumé à un simple élan vers l’autre. Pourtant, lorsqu’on le pratique avec lucidité, sans naïveté, il devient bien plus qu’une vertu : c’est un puissant levier de développement personnel et de lecture du monde. Se tourner vers les autres, c’est, par ricochet, entamer le voyage le plus exigeant qui soit : se découvrir soi-même.

 L’engagement altruiste certes, tisse des liens et développe un réseau. Mais ce réseau n’est pas une simple accumulation de contacts ; il est le fruit d’une crédibilité acquise sur le terrain. En s’investissant dans le service militaire, le service civique, l’activisme, le bénévolat ou le volontariat, nous construisons des relations fondées sur l’action partagée. Ce réseau devient un capital vivant, une ressource qui nous accompagne durablement dans nos parcours professionnels.

Se tourner vers les autres, c’est avant tout se confronter à ses propres limites. En s’engageant, nous quittons le confort de nos certitudes pour tester notre capacité de résilience. Prenons l’expérience du service militaire : c’est un apprentissage du dépassement de soi dans le cadre d’une mission collective. De même, l’activisme engagé comme celui de cette proche qui consacre son énergie à la cause de la Paix nous oblige à une rigueur et une introspection constantes. En cherchant à comprendre les besoins d’autrui, nous apprenons à mieux cerner les nôtres. C’est un travail sur soi permanent, où chaque action devient une leçon de savoir-être.

C’est sans doute l’aspect le plus révélateur de l’engagement : il nous permet de prendre la mesure de notre place réelle.

Dans le cadre de nos activités, nous sommes renvoyés à ce que nous sommes, à la manière dont nous sommes perçus, et à la valeur que nous apportons au corps social. Ce miroir, parfois brutal mais toujours instructif, nous aide à nous ajuster :

  • Nous apprenons à identifier nos zones de force
  • Nous découvrons nos marges de progression face à la diversité des interlocuteurs.
  • Nous comprenons ce que nous représentons réellement dans l’interaction, loin des images que nous nous construisons.

Nous rappelons que la question de départ est la suivante :

« Dans quelles mesures, nos habiletés sociales façonnent -elles la construction de nos carrières professionnelles ou de  nos activités transversales ?  »

Pour tenter de répondre à cette question, nous proposons ci-dessous, deux témoignages distincts concernant l’engagement volontaire ou imposé.

Pour illustrer le lien entre engagement et construction de soi, deux parcours familiaux se dessinent. Le premier est celui du frère de cette dame : bien qu’elle conserve l’habitude de le nommer « le cadet », il est aujourd’hui, par le destin et les épreuves, le pivot et l’aîné de la fratrie

Le premier témoignage qui va suivre concerne notre proche devenue activiste ou plutôt conseils engagée suite à une expérience personnelle déroutante.

« Elle a fait l’expérience brutale de la dépossession. Victime d’une cyberattaque ciblée, des activistes ont usurpé son identité et celle de sa famille, les traitant de « soumis » pour avoir réussi en France. Ce discours de haine, paradoxalement soutenu par certaines sphères intellectuelles, heurtait violemment l’éducation qu’elle avait reçue, où la critique politique n’excluait jamais la dignité.

Face à cette tentative de l’enfermer dans un camp imposé, elle a dû puiser dans une habileté sociale défensive, inédite : l’assertivité. Il ne s’agissait plus de réseauter, mais de protéger son intégrité et de décrypter la malveillance derrière le masque du « justicier ». Cette épreuve l’a forcée à un repositionnement radical sur sa double culture, ses croyances et son style de vie. Loin de la briser, l’attaque lui a offert une lucidité tranchante sur sa place réelle dans la société. En refusant de réagir par le ressentiment, elle a transformé ce choc en un exercice de connaissance de soi : elle a su s’ajuster, définir ses limites et affirmer sa singularité face à ceux qui, au nom d’un activisme toxique, voulaient lui dicter son destin. »

Le second concerne celui du frère cadet de sa fratrie à propos de son service militaire lorsqu’il était jeune et qu’il avait fini ses études supérieures.

« Le frère de cette dame a vécu l’engagement comme un pacte d’appartenance. Nourri par les conseils d’un aîné, ancien officier de Saint-Cyr devenu réfugié politique en France, il a compris que son intégration ne pouvait être complète sans une immersion dans le service. Devenu officier après sa formation, il a pris en charge l’instruction d’EMC et de français auprès des appelés. Bien qu’il fût rémunéré, il a considéré cette expérience non comme un emploi, mais comme un acte de citoyenneté agissante.

Au-delà de la stratégie de réseau apprise en école de commerce, il a découvert sur le terrain que l’habileté sociale est une éthique : celle de savoir transmettre et élever ceux que l’on commande. En confrontant son héritage et ses compétences aux réalités humaines de ses subordonnés, il a affiné son intelligence relationnelle, passant de la posture de l’étudiant brillant à celle du leader au service du collectif.

Cette expérience, véritable creuset de son devenir, lui a appris que la légitimité ne se décrète pas par un diplôme, mais s’éprouve dans la capacité à s’ajuster aux autres et à servir une cause plus grande que soi. Il a ainsi transformé son parcours en un engagement lucide, où la maîtrise des codes nationaux est devenue l’outil indispensable de sa propre réussite ».

Ces deux témoignages, bien que radicalement opposés dans leurs circonstances, convergent vers une vérité essentielle : l’altruisme est un exercice d’équilibriste. Qu’il s’agisse de transmettre pour bâtir ou de se défendre pour préserver sa dignité, l’engagement nous force à sortir de notre ego pour nous confronter au réel. Dans les deux cas, le sujet n’est plus simplement celui qui agit, mais celui qui se découvre. Il ne s’agit plus de savoir ce que l’on veut, mais de découvrir qui l’on est une fois projeté dans l’arène sociale.

Pour revenir à la ressource cinématographique choisie, au début du film, le vieux Zorro, fuyant ses poursuivants, est aidé par deux enfants qui facilitent son échappée. En guise de remerciement, il leur remet son médaillon. Sans le savoir, il vient de remettre cet objet à celui qui sera son futur successeur. Cet acte souligne ce mouvement de l’altruisme tourné vers l’autre qui finit, par un effet boomerang, par revenir à soi : le geste initial de protection envers des enfants s’inscrit dans un cycle de transmission qui détermine la suite de son propre destin.

Dans quelle mesure cet altruisme tourné vers les autres permet -il de de se construire une expertise pouvant se transformer emploi plus tard ?

Nous explorons ces possibilités dans les prochaines infonews. Pour continuer à nous lire, nous vous invitons à consulter la prochaine infobulle n° 201 : engagement, habileté sociale, expertise.

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