
Nous débutons dans cette newsletter n° 187 une nouvelle série d’infonews qui est consacrée au féminisme d’une part, à la virilité fondamentale ou encore masculinisme d’autre part. Nous choisissons de les regarder sous l’angle de l’éducation.
Si nous regardons le féminisme et le masculinisme à travers les lunettes de l’éducation, nous réalisons que le problème ne réside pas dans les intentions des uns ou des autres, mais dans le système complet de transmission qui façonne nos esprits. L’éducation, ici, n’est pas seulement le savoir académique dispensé à l’école ; c’est l’air que nous respirons. C’est la somme de ce que nous apprenons au sein de la cellule familiale, dans les interactions quotidiennes, par le prisme déformant du numérique, et au sein même de nos environnements urbains et sociaux.
- L’école et le savoir académique : En privilégiant une approche « light », neutre et souvent déconnectée de la réalité du terrain, l’école a cessé d’être un lieu de forge. Elle a évacué la notion d’exigence au profit de la satisfaction immédiate. Elle ne transmet plus de « mission » claire, laissant le garçon sans boussole pour sa « virilité fondamentale » et la fille sans ancrage pour sa souveraineté, si ce n’est dans la compétition permanente.
- La famille et les modèles de proximité : Dans l’intimité du foyer, les modèles de transmission se sont effrités. Lorsque la famille ne parvient plus à incarner une structure de référence, l’enfant se tourne vers l’extérieur pour définir qui il doit être. Si les parents ne transmettent plus le sens du devoir et de la complémentarité, le vide est immédiatement comblé par d’autres influences.
- Le numérique et la « culture des écrans » : C’est peut-être ici que l’éducation se fait le plus agressivement. Le numérique est une école parallèle, radicale, qui diffuse en continu des caricatures de virilité et de féminité. Pour un garçon en quête de repères, les algorithmes deviennent ses nouveaux maîtres, lui enseignant une version déformée et prédatrice de la virilité. Pour une fille, ils imposent des standards de réussite et de méfiance qui durcissent le rapport à l’autre.
- L’environnement social et urbain : Enfin, la ville et les espaces sociaux dans lesquels nous évoluons imposent leur propre pédagogie. L’environnement urbain, souvent régi par la vitesse, l’anonymat et la consommation, valorise l’individu isolé au détriment de l’être social. Il n’y a plus d’espaces de transmission, plus de rituels collectifs, plus de lieux où l’homme apprend à protéger et où la femme apprend à régner.
Ne sommes-nous pas en train de gâcher tout le potentiel de notre génération ?
Si le masculinisme et le féminisme antagonistes ne sont que le reflet d’une éducation « éclatée » où chaque pilier (école, famille, numérique, ville) transmet des messages contradictoires et appauvris alors la solution devient limpide. Nous ne devons plus nous contenter de débattre des genres. Nous devons reprendre le contrôle de l’intégralité de nos chaînes de transmission.
La guerre des genres n’est que le symptôme d’une société qui a abandonné sa mission éducative. Si nous voulons sortir de cette impasse, ne devrions-nous pas commencer à réinventer une éducation globale, capable de réaligner l’école, le numérique et la famille autour d’une exigence commune : celle de construire des individus capables de s’articuler ensemble pour le bien du groupe ?
Au regard de ce paysage où le féminisme et le masculinisme ce dernier allant jusqu’à rejeter les fondements mêmes de notre culture ne semblent plus être que les deux faces d’une déchirure commune, une évidence s’impose : nous ne sommes plus dans un simple débat d’idées, mais face à une crise profonde de la transmission. Si les modèles éducatifs que nous portons, de la famille à l’école en passant par nos environnements numériques, échouent à donner à chacun une place où s’épanouir sans détruire l’autre, alors notre responsabilité dépasse largement le cadre du genre.
Dès lors, une question se pose, essentielle : si l’antagonisme que nous observons n’est pas une fatalité , mais le fruit d’une éducation éclatée, ne devrions-nous pas, en urgence, réinventer une manière de transmettre qui nous permette de passer d’une logique de rivalité à une volonté de construire ensemble ?
Pour tenter de répondre à notre question, nous proposons les newsletters suivantes :
- Féminisme, virilité fondamentale, instruction
- Féminisme, virilité fondamentale, imprégnation
- Féminisme, virilité fondamentale, immersion
- Féminisme, virilité fondamentale, initiation
Nous poursuivons le témoignage de la chercheuse commencée dans la série de newsletters précédente.
Nous présenterons en guise d’ouverture sur le « monde », la série sortie sur une plateforme numérique dernièrement The Polygamist.
The Polygamist, initialement un roman de Sue Nyathi, a été adapté en une série télévisée diffusée sur Netflix en juin 2026. L’intrigue suit Jonasi Gomora, un riche magnat dont la vie privée est une façade fragile, articulée autour de quatre femmes aux destins tragiquement liés. La série explore les dynamiques de pouvoir, la tromperie et la pression sociale au sein d’un entourage où chaque relation est un jeu de domination.