
Nous sommes de retour pour la 2e info news de la série dédiée aux asymétries et aux servitudes qui y sont associées selon nous. Nous proposons dans cette newsletter n° 165 de nous focaliser sur l’asymétrie de ressources dans le genre.
Si l’asymétrie de ressources est le socle de toute domination, elle prend une coloration spécifique lorsqu’elle s’appuie sur le genre. Dans de nombreux systèmes sociaux, le dominant monopolise le capital qu’il soit financier, symbolique ou lié aux réseaux d’influence tandis que le dominé est assigné à la sphère de l’intime et du quotidien.
La ressource comme levier d’assignation : En accaparant les ressources extérieures, le dominant restreint les marges de manœuvre du dominé. La dépendance financière devient le premier verrou d’une architecture où le dominé finit par ne plus exister pour ses propres capacités, mais pour sa fonction d’utilité matérielle au service de l’autre.
La naturalisation de la charge : Ce qui est en réalité un rapport de force économique est souvent travesti par le genre en « vocation ». La gestion du quotidien, des tâches domestiques et du soin des autres est décrétée comme étant le domaine naturel du genre dominé, rendant cette servitude invisible.
Lorsque cette asymétrie de ressources est consolidée au sein du couple ou de la famille, elle bascule vers la servitude domestique. Ce n’est plus un simple partage des rôles, c’est une appropriation du temps et du corps :
La dépossession du temps propre : Le dominé ne dispose plus de son temps pour ses propres projets ou son épanouissement intellectuel. Son temps est entièrement absorbé par la maintenance du quotidien du dominant. L’inversion de la valeur : l’intellect du dominé est neutralisé au profit de sa fonction de service. La servitude domestique est la forme la plus radicale de cette dépossession : le dominant s’approprie non seulement le travail de l’autre, mais aussi sa capacité à se définir en dehors de sa fonction de support.
L’asymétrie de ressources ne se définit pas par une simple différence de fortune, mais par une configuration structurelle de dépendance. Voici ses trois piliers fondamentaux :La monopolisation du capital décisionnel : Le dominant exerce un contrôle exclusif sur les leviers de l’autonomie (finances, accès aux réseaux, outils de production, mobilité). Cette mainmise rend toute velléité d’indépendance de la part du dominé matériellement impossible.
La captation du temps et de l’énergie : L’asymétrie se traduit par une appropriation du temps de vie de l’autre, imposant au dominé une fonction de « maintenance » permanente. Chaque instant est consommé par la gestion des besoins du dominant.
La naturalisation par l’assignation de genre : En transformant le travail de soin et d’entretien en une « essence » propre au genre dominé, le système neutralise toute remise en cause. La ressource n’est plus volée, elle est « offerte » par l’autre au titre de son rôle social.
L’asymétrie de ressources, lorsqu’elle est genrée, ne crée pas seulement un maître et un esclave ; elle enferme souvent les deux partenaires dans des rôles de servitude distincts, où l’un est prisonnier de sa famille, et l’autre de ses responsabilités.
Dans cette configuration, le partenaire (souvent celui à qui l’on assigne le genre subalterne) est réduit à la maintenance du groupe.
La caractéristique : Son identité se dissout dans les besoins des autres (enfants, aînés, conjoint). Il perd la maîtrise de son temps et devient, littéralement, le garant de la pérennité du foyer.
La servitude : C’est l’aliénation par l’immédiateté. Il est prisonnier de l’espace domestique, où chaque action est tournée vers l’entretien de ce qui existe déjà, au détriment de son propre développement intellectuel ou professionnel.
À l’autre bout de l’asymétrie, le partenaire (souvent celui à qui l’on assigne le genre dominant) est prisonnier de la nécessité de produire et de protéger.
La caractéristique : Son statut dépend entièrement de sa capacité à ramener des ressources. Il est enchaîné à la performance, au stress et à la gestion des contraintes extérieures pour maintenir le niveau de vie du foyer.
La servitude : C’est l’aliénation par la contrainte économique. Il n’est plus un individu libre, mais un « outil » financier. S’il cesse d’être productif ou performant, il perd sa légitimité au sein du foyer. Il est prisonnier de ses responsabilités, dont il ne peut s’extraire sans faire s’écrouler le système qu’il soutient.
Lorsque ces deux formes de servitude se rencontrent, le couple devient une structure fermée où chacun est devenu le geôlier de l’autre :
L’un est l’otage de son dévouement, l’autre l’otage de sa réussite.
L’asymétrie de ressources est ce qui lie les deux : le premier dépend financièrement du second, et le second dépend émotionnellement et logiquement du travail domestique du premier.
La servitude partagée : Ce n’est plus un échange entre deux êtres libres, mais une interdépendance forcée où le genre dicte la nature de l’enchaînement. Ils ne sont plus deux individus associés par choix, mais deux rouages d’une même mécanique de servitude
Pour en revenir à la ressource filmique choisie « le loup de Wall Street » dont le personnage principal est interprété par l’acteur américain L. Di Caprio, nous observons cette dynamique de dépendance mutuelle habillée subtilement par les belles maisons et le luxe apparent. Ainsi dans l’univers de Jordan Belfort, la hiérarchie est maintenue par un contrôle absolu des ressources. Son pouvoir ne repose pas seulement sur l’argent, mais sur la capacité à distribuer les rôles dans son système.
Dans ses relations personnelles, le genre est utilisé pour sanctuariser son propre confort. Il maintient une asymétrie de ressources qui place ses partenaires dans une position de dépendance matérielle totale, transformant ainsi la vie de couple en une forme de servitude de luxe. Il n’a pas besoin de contrainte physique ; son contrôle sur les ressources suffit à maintenir l’autre dans un espace domestique sous tutelle, où les deux rôles (le dominant et le soutient) deviennent des prisonniers de la logique de Belfort.
Pour revenir au témoignage personnel commencé hier, ce gourou qui s’est introduit dans la ville de cette femme dont nous avons parlé s’est également servi du système familial et du mariage pour chercher à asseoir sa domination. Il s’est appuyé sur les personnes qu’il considère comme dominantes dans la relation pour faire de cette femme une servante à son service. Ainsi ils ont fait croire qu’elle avait été déloyale dans le mariage et fait croire à ce monsieur que le fils qui ne lui ressemblait pas était celui d’un autre. En effet, ils avaient deux garçons, l’un ressemble à la mère et l’autre au père. Ils ont fait douter cet homme qui avait toujours été d’une loyauté sans faille envers sa famille afin qu’il s’en détourne et devienne leur marionnette se sentant blessé et trahi. Ils en ont profité pour lui concocter une « punition » selon eux, la priver de sous ses biens y compris de son identité pour la donner à d’autres à des clones. Ainsi elle serait à leur merci pour faire leurs basses besognes. Ils avaient entrepris de cloner son podcast pour la donner à une activiste qui agissait sur les réseaux sociaux et prônait des messages anti impérialistes contre leur pays de résidence, faisant donc passer cette femme spoliée pour une ennemie du pays qui l’avait accueillie depuis toujours. De même elle avait créé une application sous deux versions IOS et Apple. Ils ont menacé de faire perdre ses papiers à la jeune fille chargée de mettre en forme les idées de cette femme qui avait passé la commande afin qu’elle collabore. Une fois toutes ces personnes convaincues, ce gourou pouvait enfin enfermer cette pauvre femme dans son piège. Il est allé jusqu’à faire passer son fils pour son neveu dans son lycée prétextant toujours dans cette optique de spoliation. On ne sait ce qu’il a raconté aux équipes enseignantes qui n’ont eu de cesse de l’exclure de lui foutre des zéros de punition pour faire baisser sa moyenne afin qu’il échoue aux examens qui doivent se dérouler en fin d’année scolaire. De cette façon, l’identité qu’il souhaitait lui donner devenait cohérente avec l’échec de ses enfants et celle qu’il avait programmé pour elle-même.
Par cet exemple réel que nous souhaitons garder anonyme, nous cherchons à montrer que l’asymétrie de ressources même si elle est choisie au départ par deux époux peut devenir le moyen par lequel on pourra les abattre l’un et l’autre si d’aventure un esprit mauvais veut exploiter les failles d’un système qu’il a pris le soin d’étudier comme un être machiavélique, comme un robot dénué de sentiments humains telle une machine appliquant un plan à la perfection.
Pour sortir de ce genre de piège, ne faudrait-il pas activer une autre forme d’asymétrie ?
Pour connaitre la suite, nous vous invitons à lire l’info bulle n° 166 : asymétries, servitudes, statut