Info news n° 144 Femmes, Science, beauté responsable

Après la série précédente, nous poursuivons cette exploration liée à l’engagement sous un angle complétement différent. Nous souhaitons aborder le sujet qui concerne la beauté dite responsable si nous nous focalisons sur les populations des femmes noires en Afrique et partout dans la monde.

Comme pour la série précédente, nous commencerons chaque newsletter ainsi que cette introduction par un témoignage personnel qui nous permettra de proposer une problématique liée à des mots clés et en fin nous proposerons une ressource filmique ou audiovisuelle pour l’ouverture sur le monde et aux autres. Les mots de cette introduction sont les suivants : femmes, science, beauté responsable.

« Lorsque j’ai créé mon entreprise de bien-être, une TPE dédiée à la remise en forme, j’ai conçu une offre qui combinait l’accompagnement physique et les soins ayurvédiques. C’était une démarche sincère, guidée par mon ouverture d’esprit, mais aussi par une observation très claire du terrain : autour de moi, j’avais une bonne compréhension des habitudes de consommation, et je voyais à quel point les clients étaient friands de ces rituels de soin, de cette reconnexion au corps. La demande était là, vibrante et prête à consommer.

Pourtant, cette aventure entrepreneuriale m’a rapidement projetée face à un grand vide : le manque cruel d’informations et de données accessibles sur l’industrie du bien-être en Afrique. Pour proposer à cette clientèle demandeuse autre chose que le savoir indien, il fallait chercher des aiguilles dans des bottes de foin.

De cette frustration est née une certitude : nous avons une conception bien à nous du bien-être, mais elle est maintenue dans l’ombre d’un marché mondialisé.

En creusant cette question, j’ai compris que le bien-être ne s’arrêtait pas aux portes d’une table de massage. Pour nous, il commence dès le matin, dans les gestes les plus ordinaires de la salle de bain à travers les produits d’hygiène élémentaire (savon, pommade, shampoing, parfum) »

De nos jours, l’industrie mondiale de la beauté  se structure de la manière suivante :

Le marché global du soin et de la cosmétique est officiellement valorisé à 640 milliards de dollars (Source : Global Cosmetics and Personal Care Market Report, Dataintelo / Statista Market Insights).

Le moteur économique Afro : Au sein de cette machine, les consommatrices noires ne sont pas des figurantes. Le rapport de consommation ethnique de l’institut Nielsen (« Resilient, Influential and Radiant: African American Consumers », Consumer Intelligence Report) démontre qu’elles dépensent en moyenne 9 fois plus (soit un différentiel de 800% à 900%) pour leurs produits de soin spécifiques que les autres catégories de population, faute d’une offre de masse initialement adaptée à leur dermo-typologie.

L’explosion de la zone Afrique subsaharienne : La croissance du secteur y est la plus rapide au monde, mesurée par les rapports sectoriels d’Euromonitor International (« Beauty and Personal Care in Sub-Saharan Africa », Regional Overview), avec des projections de marché qui s’élèvent à 10,8 milliards de dollars.

Le poids du savon et de la pommade : Sur cette enveloppe continentale, les audits de marché des multinationales (notamment les données de pénétration des groupes L’Oréal Africa et Unilever) révèlent que plus de 5,3 milliards de dollars sont captés exclusivement par le segment de l’hygiène quotidienne de base. Le savon corporel et la pommade hydratante, prouvant que le besoin se situe dans la dermo-protection et non dans le maquillage ou le luxe.

Face à cette variété de propositions pour la plupart provenant des multinationales, nous nous sommes demandées, s’il était possible d’amener les personnes à prendre conscience que leurs habitudes de consommation pouvaient en partie expliquer un certain nombre de problèmes liés à la santé, au vieillissement de la peau, à l’esthétique en général et au soin quotidien en particulier. En effet plus de 77% de femmes au Nigeria, 59% au Togo et 35% en Afrique du Sud sont clientes de la « clean Beauty » à travers l’utilisation des produits clarifiants ou éclaircissants aux conséquences désastreuses sur le long terme, si bien que certains pays comme la côte d’ivoire ont fini par interdire leur commercialisation sur leur territoire depuis quelques années (2015). A l’instar des travaux du professeur Mansour Moudachirou, chercheur émérite Béninois à la retraite qui mobilise la pharmacognosie pour ses travaux alliant ainsi science et savoir ancestral, nous pensons inciter que d’autres scientifiques s’en inspirent pour les produits de première nécessité à des fins d’amélioration des données sur la santé publique, le vieillissement.

En parlant avec mon fils de 14ans de mes newsletters, je lui ai demandé pour tester mes mots clés rapidement ceci « c’est quoi pour toi la beauté responsable ? » Il répond avec humour après quelques réponses politiquement correctes sur mon insistance, « c’est quelqu’un de laid à l’extérieur et beau à l’intérieur ». Si cette réponse nous fit sourire tous les deux, je lui répondis   gentiment « la beauté c’est aussi être en bonne santé ». Alors comment faire en sorte que cette industrie continue de rendre les femmes belles tout en respectant leurs valeurs ? Tout en préservant leur santé ? Comment contribuer à  rendre cette industrie sur laquelle elles dépensent bien plus que les autres responsable ?

Pour explorer ce sujet, nous aborderons  les mots clés suivants :

  • Femmes, beauté responsable, rivalités
  • Femmes, beauté responsable, exploitation
  • Femmes, beauté responsable, compétence
  • Femmes, beauté responsable, valorisation

Nous finirons ces différentes info news par différentes ressources filmiques comme par exemple  le documentaire inspiré par l’histoire H. Rubinstein et E. Arden ; nous parlerons également de « Savage Beauty » présent sur une plateforme numérique évoqué déjà dans une ancienne newsletter, de « Mme C-J Walker » également diffusé sur la plateforme numérique pour ne citer que ceux-là.

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