
Nous sommes dans l’avion. Nous partons pour une conférence dans la ville de Lomé. Il y a une escale. Nous devons nous arrêter dans un pays voisin en Europe.
Je croise un visage familier, je la reconnais, « Bonjour, êtes-vous A ? » Oui répondit -elle. Puis avant que je ne me présente, elle dit « oh mon Dieu, tu es …. ! » Nous étions très amies à l’internat dans notre jeunesse. Nous avons échangé quelques amabilités, nous étions très proches mais nous nous étions perdues de vue.
Pensant avoir juste quelques minutes, nous nous échangeâmes nos numéros de téléphone puis chacune partit de son côté. Quelques minutes plus tard, il nous fut annoncé que les vols étaient suspendus suite à un problème d’intempéries. Nous devions patienter de longues heures dans cet aéroport.
J’entrepris de retrouver mon amie d’enfance pour savoir ce qu’elle devenait.
Là, elle était assise, les yeux dans le vide regardant le ciel avec une certaine tristesse. Celle de ceux qui portent tout le poids du monde du sur le dos.
« A ? ça va ? »
« Oui très bien ».
Pourtant tu as l’air perdu…
« Oui je viens de me rendre compte que je t’ai rencontré et il y a quelques temps, on a essayé de falsifier mon passé, disant que je n’étais pas qui j’étais. Je me suis demandée ou vous étiez pour contredire les faussaires qui m’attaquaient… »
Je ne compris pas tout de suite.
« Excuse-moi, tu dois me prendre pour une folle. Des individus soi-disant activistes faisant partie d’un mouvement étrange s’en sont pris à moi ».
Comment ça ? Dis-je… Si tu me racontais au lieu de tourner autour du pot ? Autrefois, nous étions copines de chambre, et nous nous disions tout.
« Bien, je suis partie faire une formation, dans un organisme bien connu « Uni ».. et à la fin j’ai vécu quelque chose de fou… Un individu a usurpé mon identité pour me prendre en otage…
En fait lui et son groupe avaient pris mon identité depuis le début de ma formation. Ils avaient trouvé ma page de réseaux sociaux tu sais « photo & livres… Ils étaient là à regarder ma vie, mes photos alors que ma page était privée. Tu sais que je suis passionnée d’entrepreneuriat… je mettais des femmes et des histoires d’entrepreneurs de la diaspora et du continent…ils ont décidé de la prendre pour leurs affaires. Ils ont créé une page à mon nom pour faire des affaires.
Ils ont pris le nom d’une société que j’ai fait liquider et on choisit de lancer une affaire douteuse avec le nom pourtant radié depuis longtemps des registres. Puis le travail que j’ai fait ils ont copié et vendu à des gens sauf que j’ai quand même pu le protéger car ils avaient doublé leur complice. Ils ne l’avaient pas payé semble-t-il … Elle a voulu se protéger. A la fin ils sont venus me tomber dessus.
« Pourquoi toi ? »
« Il parait que ça a à voir avec la colonisation, la France Afrique et même l’esclavage »
« quel rapport avec toi A ? »
« Et bien ils ont fait fait faire un documentaire sur la famille de ma mère les faisant passer pour des personnes qui auraient subi l’esclavage puis vendu des esclaves ensuite … Ils ont ensuite avancé que j’étais le produit de la France Afrique… mais ce que je ne comprends pas c’est qu’un suprémaciste parmi eux est allé dire qu’au lycée, je me suis retrouvée sans domicile fixe et que j’avais été hébergée en internat scolaire et que le weekend nous allions dans un foyer… »
« Whaou… Je ne savais pas que ton pays d’accueil payait de telles sommes pour des mineurs abandonnés …. Notre éducation a coûté cher à nos parents… ? D’où viennent-ils ces individus ?
« ce sont les plus gros piranhas qui m’aient été données de rencontrer. Tu te souviens ? On avait regarder un film comme ça qui nous avait fait peur… des poissons carnivores qui bouffaient tout sur leur passage. A l’époque l’ancienne chaîne la 5 existait encore ».
Oui je m’en souviens !! On avait eu du mal à dormir même. On regardait la Tv un soir ou deux par semaine lorsqu’il n’y avait pas école le lendemain matin et qu’on avait terminé nos devoirs.
Ce petit souvenir nous fit rire toutes les deux.
« Sérieusement qui sont ces rigolos, A ? »
« Arrête ce ne sont pas des rigolos, de véritables apprentis sorciers, qui pensent changer les vies à leur guise… pour commencer l’un d’entre eux est rentré en contact avec moi via des vidéos postées par son frère jumeau. Ils opèrent à deux. Durant presque six semaines, ils ont prêché le faux pour savoir le vrai. Ils disaient que je n’avais pas fait mon travail, de l’avouer, que c’était passible d’emprisonnement.. ; Ne comprenant pas, j’ai choisi de l’écouter. Toutes ses idées saugrenues et noires je les ai écoutées. Je n’en revenais qu’un être humain équilibré puisse réfléchir de cette manière. Il voyait tout en mal… Comme il disait que je n’avais pas fait mon travail, j’ai pris un de mes résultats, j’ai vulgarisé ma vie avec en me racontant en quelque sorte. Il était constamment branché sur mon ordi même dans les lieux de recherche publique. J’ai eu peur j’ai eu peur que les autorités lui aient donné les accès wifi pour le faire. Je me sentais cernée et en danger ne sachant à qui parler. Je pensais qu’écrire suffirait à lever ses doutes, qu’il me convoquerait officiellement pour m’écouter. Et à ma grande surprise, il ne fit rien. Il voulait garder aussi ce travail alors je l’ai fait protéger. Et Là… sa fureur s’est déchainée contre moi…
Attends je n’ai pas compris. Explique moi bien… c’est confus. Tu le connaissais ?
« en fait il y a deux frères l’un était formateur là j’étais, ils avaient un ami qui était le chef des instructeurs, l’autre jumeau formait des activistes et passaient leur temps à usurper l’identité l’un de l’autre »
« Quelle horreur ! »
« Ils ont fait voler ma clé USB un jour alors que j’étais à « Uni ». Dessus il ;y a avait mon disque dur, ils sont allés regarder mes données, les données médicales de mes enfants, mon travail, tout ce qu’il y avait sur mon ordi et là ils ont pu falsifier à leur guise ma vie pour me saboter et me faire passer pour l’une des leurs. »
« Tu as signalé »
« J’ai cherché partout, personne n’avait rien vu, j’ai fini par croire que j’avais perdu dans les transports, j’ai signalé à la compagnie de transport en vain… ils n’ont rien trouvé. C’était eux depuis le départ. Je ne savais pas où j’étais.
« Pour faire quoi ? »
« Me faire payer les conséquences de l’esclavage, de la colonisation, me faire devenir nourrice comme tous les afros qui ont souffert de tout cela, faire échouer mes enfants, prendre leurs identités les donner aux leurs sans papiers, priver mon benjamin de soins, de traitement pour son attention, faire de l’ainé un délinquant en infiltrant son groupe d’amis … de cette façon ils changent ma vie et prouvent que je ne mérite pas le travail que c’est à eux de l’avoir »
« C’est effrayant ! »
« En gros leurs copines de combat devenaient moi et je devenais elles »
« Quelle horreur ! »
Une annonce vient d’être faite, A. se leva pour aller au comptoir de sa compagnie de voyages.
Je me promis de lui poser les bonnes questions sur la façon dont ils comptaient s’y prendre pour prendre sa place et faire d’elle leur nourrice… Comment ils en sont venus à interpréter les choses de cette façon en allant chercher carrément l’histoire comme alibi pour commettre des crimes et surtout de quelle manière ils ont réécrit son histoire pour faire douter d’elle.
Nous poursuivons notre Histoire dans l’info news n° 120 : Histoire, intelligence, incarnation