
Comme annoncé hier, nous poursuivons la série de newsletters qui traite cette semaine des mots clés suivants : Paradigme, activisme et conquêtes.
Pour parler de conquêtes nous avons choisi le nous appuyer sur la série the last Kingdom sorti en 2015 et présente sur la plateforme Netflix. Pour cette newsletter n° 111 qui va traiter de croyances des uns et des autres, nous évoquerons également la série intitulée : les Vikings pour mieux faire comprendre les pratiques des vikings à l’époque des conquêtes.
Nous entrepris de parler des activistes que nous nommons les vikings des temps modernes afin de relater certaines méthodes de conquêtes de champs disciplinaires et de capture de valeur.
Dans la newsletter précédente, nous avons souligné le fait qu’un changement de paradigme peut survenir dès l’instant où trois conditions sont réunies. Nous avons pris comme exemple, le mérité qui serait remplacé par le prélèvement. Ici, le changement de paradigme amène un changement de valeurs. Nous passons du marketing de partage de mérite à celui du prélèvement.
En effet, le monde bascule. le paradigme du mérite s’affaisse face à une morosité économique grandissante et un déficit de confiance global. Cette fissure, fait naitre un nid de croyances : celui de la conquête de territoires réels à travers le monde virtuel. Ce n’est plus une quête de justice et d’équité. mais une logique de siège où l’on ne cherche plus à convaincre, mais à vaincre pour s’imposer.
Pour commencer, le marketing de prélèvement à l’inverse du marketing classique basé sur l’échange de valeur, repose sur la capture d’une ressource existante. C’est une ingénierie de la rupture qui s’opère en trois temps : l’instrumentalisation des croyances ( foi, valeurs familiales) ; la subversion, ce qui signifie pratiquer un sacrifice social d’une victime en fabriquant des preuves pour la discréditer auprès de son réseau (famille, lieu de culte) ; L’extraction qui consiste à la priver de son image de son clan afin qu’elle devienne un territoire vulnérable et ouvert au prélèvement ( identité, parcours, patrimoine, travail, mode de vie.)
Pour que ce sacrifice fonctionne, il faut une force d’anéantissement obscure. Nous nous sommes inspirées de la langue Ewe que nous parlons couramment pour proposer ce concept. L’Ewe étant le nom de la langue parlée dans les ethnies Ewe présentes sur la côte ouest africaine (Bénin, Ghana, Togo). Nous rappelons que nous nous attachons principalement à la facette sombre du concept. Dans certaines autres circonstances, il peut être perçu comme positif.
Ainsi donc, le « Patapaa » va désigner ici cette insolence agressive, la prétention de celui impose son bon vouloir par le bruit sans titre sans légitimité. Cet activisme moderne politique laisse voir le « Patapaa » comme l’outil de celui qui rejette les règles habituelles afin de faire ressortir son propre logiciel mental. On peut aussi parler d’audace de l’assaut.
Pour comprendre l’aboutissement de cette énergie, il faut regarder vers les sagas nordiques. Dans la série « Vikings » (Netflix, 2013), créée par Michael Hirst, le sacrifice est une technologie de conquête. Pour obtenir la victoire ou une terre, les guerriers offrent une vie à Odin. Ce n’est pas de la barbarie gratuite, mais un rituel pour garantir le pouvoir.
De nos jours, nos « Vikings modernes » ont transposé ce rituel. Le sacrifice n’est plus sanglant, il est social et réputationnel : le sacrifice de l’image, le détournement du sacré.
Le sacrifice de l’image va leur permettre de fabriquer de toutes pièces une autre image de la victime désignée pour faire accepter son meurtre social. De même, le détournement du sacré va pousser l’audace jusqu’à s’emparer des propres croyances chrétiennes de la victime comme les vikings utilisaient les églises pour y apposer leurs idoles. La défense de l’église est retournée contre elle -même pour tenter de paralyser la victime.
Le but final est de piéger l’entourage (famille, Église, amis) pour qu’il abandonne la victime à son sort. Tout cela en provoquant des réactions maladroites ou en infusant le doute, le préleveur murmure à la victime : « Regarde, ils ne t’aiment pas, quitte-les ». Une fois le sacrifice abouti, les liens brisés, le terrain (la victime) est fertile pour la capture de valeur , de ressources.
Nous avons eu l’idée de cette série de newsletters en voyant revenir après quelques années d’absence créatrice d’entreprise. En effet en essayant de comprendre ce qui lui est arrivé, nous nous sommes rendus compte qu’elle a été victime de ce que nous appelons ici la marketing de prélèvement. En effet, toute sa vie a été mise sens dessus dessous pour les ambitions personnelles d’un ancien responsable qu’elle avait connu dans une vie antérieure et qui avait à sa solde des activistes sensés convaincre l’opinion publique qu’une révolution était nécessaire pour instaurer un nouvel ordre hiérarchique sur la planète. Il faudrait selon ces personnes aller s’emparer des « richesses dites injustes » selon eux pour rétablir une certaine justice. Pour ces personnes, ces justiciers et vikings des temps modernes, tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Cette personne que nous nommons Essiee précise que ceux-ci justifient tout cela par le fait que tout combat commence par le combat spirituel et que pour parvenir à la victoire anéantir les défenses spirituelles de la cible était absolument nécessaire afin de lui imposer leurs valeurs leurs dogmes leurs croyances leur vision du monde de la vie, leur paradigme.
Ainsi pour notre formule finale qui va consister à calculer un indice ou un taux de solidité capable de résister à ces menaces nouvelles, nous posons la première pierre de notre formule. Le succès du prélèvement dépend de la capacité à rendre le mensonge plus crédible que la vérité.
Potentiel de prélèvement = Patapaa + Sacrifice de l’Image / Résistance du Clan
Si l’audace (Patapaa) est totale et que le sacrifice de réputation réussit, la résistance du clan (Famille, Église, amis) tombe à zéro. Le prélèvement peut alors commencer.
Quand bien même la résistance du clan tomberait à zéro, sur quels leviers pourrait s’appuyer la victime ou la cible pour faire face aux vikings des temps modernes ?
Nous poursuivons la réflexion dans l’infonews n° 112 Paradigme, activisme, identité