
Nous entamons le 4e volet de la série de newsletters dédiée à l’isolement et à la création de valeur.
Pour cette exploration nous avons pris comme contexte la ressource audiovisuelle américaine Nemesis sorti en Mai 2026 mettant en scène l’acteur M. Law dans le rôle du policier zélé poursuivant un criminel brillant spécialisé dans les braquages et cambriolages de haut vol.
Pour mieux poser l’antagonisme entre les personnages de la série et de notre témoin avec ses détracteurs, nous avons choisi l’univers des jeux de société liés à la stratégie. Ainsi, dans la première newsletter nous avons parlé d’isolement de création de valeur et de « coup silencieux », dans la deuxième newsletter nous avons évoqué « le sacrifice de la dame » comme troisième mot clé.
Dans la présente newsletter n° 232 nous nous focalisons sur un autre coup le zugzwang. Ainsi les mots à retenir sont : création de valeur, isolement et zugzwang.
Dans le jeu de société que nous évoquons, le zugzwang est une situation qui forme une sorte de statut quo , une sorte d’équilibre mais comme l’un des joueurs est forcé de jouer dans la mesure où il ne peut pas passer son tour, il est obligé de bouger et parfois à son désavantage.
Cela est comparable aux situations ou un match nul se profile et que l’un des adversaires est forcé de jouer pensant être en bonne position pour gagner la partie tout en sachant qu’il peut tout perdre.
Ce qui est généralement conseillé dans les situations de la vie en société c’est d’accepter le statut quo, le consensus au nom de la paix, de la stabilité, du retour au calme.
Mais la question qu’il convient de se poser est la suivante : est ce toujours souhaitable d’accepter le statut quo ?
Il existe bien de situations qui nous obligent à refuser de nous compromettre.
Allons – nous par exemple accepter du sang contaminé sous prétexte que nous avons besoin de don de sang ? des responsables d’un certain pays d’Europe occidentale n’ont-ils pas été condamnés pour cela il y a quelques années ?
Deux sportifs ou deux équipes qui s’affrontent lors d’un match non amical acceptent-ils de retourner au vestiaire sans vainqueur ? Au football par exemple, n’est-il pas organisé une séance de tirs au buts même lorsqu’il y a égalité parfaite ?
Nous entendons souvent dire que la terre appartient à tout le monde, mais ne sommes nous pas contraints tous à réaliser des formalités administratives pour nous déplacer ? Le classement, ou ranking des passeports les plus puissants aux moins puissants, ne nous montre t-il pas qu’aucun pays pas même les plus « riches » ne peuvent accéder à tous les territoires sans autorisation ?
Autant de situations qui montrent que la paix , la stabilité, la coopération, la bonne entente, le consensus l’organisation du vivre ensemble ne se font pas sans consignes et règles communes claires. La loi du plus fort, du plus diplômé, du plus intelligent du plus riche est-elle toujours la meilleure ? Nous savons déjà que cela est rarement le cas.
Dans quelles conditions, la paix que nous « chérissons » dans notre cabinet n’est pas toujours souhaitable, et dans quelles situations faut -il toujours un vainqueur au risque de voir s’éterniser un conflit de génération en génération ?
Nous commençons par la série que nous avons choisie pour cette série de newsletters : Nemesis.
Nous prenons l’exemple de la séquence où le criminel Coltrane est sur la tombe de son père en train de se recueillir, le flic zélé et obsessionnel le rejoint pour lui annoncer la mort d’un de ses acolytes. Dans leur échange viril bourré de testostérone et d’orgueil, le criminel se prétend riche créateur d’emploi meilleur que le flic et meilleur requin que lui, lui disant qu’il avait tout d’un tueur même s’il portait l’insigne des forces de l’ordre. L’autre lui répond qu’il a à son actif six médailles du mérite et qu’il va le coffrer. La suite devient nettement plus violente entre les deux camps.
Avant que les choses ne dégénèrent, le criminel avait décidé de raccrocher et de s’occuper de sa compagne et complice qui portait leur enfant. De l’autre côté, le policier zélé pouvait prendre la place de son supérieur hiérarchique qui n’allait pas tarder à prendre sa retraite.
Après cet échange, tout s’accélère, le criminel est nettement identifié comme tel et le policier commence à avoir des problèmes relationnels avec sa famille et avec sa collègue proche et nous imaginons qu’il y aura forcément un vainqueur tôt au tard entre les deux protagonistes.
De même, concernant notre témoin, un deal étrange lui avait été proposé lui disant qu’elle était « naine moche et noire » en messages anonymes de la part de personnes dont la beauté et le style n’avaient jamais été démontrés. Ces personnes pensaient certainement qu’être d’une couleur de peau non basanée les rendait forcément attrayants physiquement… Ces insultes n’avaient jamais eu aucun impact sur notre témoin qui n’a cessé de mettre publiques ces photos sur chaque écrit qu’elle proposait. La beauté est dans l’œil de celui qui regarde. Leur avis n’avait donc aucune importance sur ce sujet d’autant plus qu’elle se sentait plus jolie que ces personnes étranges et suprémacistes. Le deal étrange qui lui a été fait d’abord était d’accepter au nom de la paix d’être accusée d’avoir volé son propre travail pour disculper les véritables faussaires en donnant de son propre chef sa propriété intellectuelle sans quoi sa famille serait détruite.
Alors qu’elle avait entrepris autre chose pour s’éloigner du travail initial qu’ils avaient volé, ces personnes voulaient tout, ils voulaient le travail initial et celui qu’elle avait entrepris pour s’en éloigner en tenant des discours humiliants de suprémacistes au-dessus de toute loi pouvant s’arroger des droits divins dans la vie d’autrui. Qui accepterait ce type de paix ? Pouvons nous encore parler de paix à ce niveau ?
Dans la série comme dans la vraie vie, nous voyons qu’il y a toujours des évènements qui obligent des antagonistes à bouger dans un sens ou dans un autre pour gagner en sachant que tout est possible.
Nous poursuivons la suite dans l’infobulle n° 233 création de valeur, isolement, échec du cavalier.