Info news n° 203, Engagement, habiletés sociales, ascension

Nous finissons la série commencée en n° 199 tournant autour de l’engagement et des habiletés sociales.

Dans l’introduction, nous avons souhaité exploré la dimension de l’activité susceptible d’être créée autour des habiletés sociales acquises durant des expériences liées à l’engagement tel que l’engagement militaire, l’engagement civil, l’activisme, l’engagement dans la vie associative etc. Pour asseoir notre propos, nous avons choisi la ressource filmique comme nous le faisons habituellement dans les newsletters de cette page le « Masque de Zorro » réalisé par M. Campbelle et diffusé en France en automne 1998.

Nous avons donc traité de l’altruisme, de l’expertise, de l’emploi dans les newsletters précédentes. Pour clore la série, nous nous attaquons dans ce dernier volet n° 203 aux mots clés liant engagement, habiletés sociales et ascension.

Pour commencer, dans la vie, l’ascension est souvent perçue comme une progression verticale, une quête de hauteur qui nous éloigne de nos conditions initiales. Au-delà de l’ambition matérielle, elle représente surtout un processus de maturité intérieure : c’est l’élargissement de notre périmètre de conscience et de notre capacité à influencer notre environnement. Cette montée en puissance n’est pas un simple déplacement géographique ou social, mais une transformation personnelle où l’individu, par l’expérience et l’épreuve, affine sa vision du monde et gagne en souveraineté sur son propre destin.

Dans le monde professionnel, l’ascension se traduit traditionnellement par une hiérarchisation des responsabilités et une reconnaissance de l’expertise. Elle est le résultat d’une équation où la maîtrise technique rencontre l’agilité relationnelle. Cependant, la conception moderne de l’ascension professionnelle glisse vers une notion de « maîtrise situationnelle » : l’ascension n’est plus seulement occuper une fonction, mais devenir un pivot incontournable, quelqu’un dont la capacité à résoudre des problèmes complexes et à fédérer les équipes devient la signature, transformant le travail en une œuvre de construction durable.

Au sein du milieu associatif, l’ascension prend une dimension profondément humaine et altruiste. Ici, s’élever ne signifie pas dominer, mais gagner en influence par le service rendu à une cause. C’est une ascension par la reconnaissance sociale et la confiance mutuelle : plus on se donne aux autres, plus on devient un pilier pour la communauté. Le leader associatif ne monte pas en écrasant, mais en portant les autres ; son ascension est mesurée par la solidité des liens qu’il a tissés et par la capacité de son organisation à prospérer bien au-delà de sa propre personne.

Par ailleurs, dans le monde du militantisme, l’ascension est souvent celle de la résilience et de l’affirmation de soi face à l’adversité. Elle se manifeste par une capacité accrue à défendre ses convictions et à protéger son intégrité face aux tentatives de dépossession ou de stigmatisation. Cette forme d’ascension est un combat pour la légitimité : c’est le passage de la victime ou de l’observateur à celui d’acteur engagé. Qu’elle soit subie par nécessité ou choisie par conviction, cette ascension fait de chaque activiste un stratège de sa propre vie, capable de transformer une épreuve traumatique en un socle d’expertise pour servir l’intérêt général.

Enfin, l’ascension véritable trouve son essence dans l’altruisme, car s’élever n’est durable que lorsqu’il s’agit d’entraîner autrui dans son sillage. En se mettant au service d’une cause ou d’une communauté, l’individu transforme son ambition personnelle en une mission collective, gagnant ainsi une légitimité profonde. Ce paradoxe, où donner de soi permet de grandir, fait de l’altruisme le socle même de toute ascension authentique, garantissant que le sommet atteint ne soit pas un lieu d’isolement, mais un point de rayonnement utile au corps social.

Pour aller plus que la question initiale posée qui souhaitait savoir comment les habiletés sociales façonnent les carrières, nous devons à présent nous interroger sur l’ascension possible en tenant compte de l’engagement.

Si la vie ecclésiastique ou militaire offre des cadres d’évolution balisés, comment l’activisme et le militantisme, dépourvus de hiérarchie officielle, permettent-ils à l’individu de vivre une véritable ascension et de transcender la frustration liée à l’usure du temps ?

Pour tenter de répondre à ces questions, nous allons proposer deux témoignages ci-dessous.

Le premier concerne la connaissance dont nous relatons l’expérience depuis le départ.

Elle dit ceci :

« Ce fut pour moi un exercice de dépossession totale. Après avoir fait face à une cyberattaque ciblée visant à usurper mon identité et à détruire ma crédibilité, j’ai découvert une autre forme de violence : celle, insidieuse, de mon propre cercle. Alors que je me battais pour protéger ma famille et mon intégrité, mon époux, ses proches  et certains amis, au lieu de m’épauler, se sont retournés contre moi. Ils n’ont vu en mon combat que ma précarité financière, oubliant tout le reste.

Ils ont passé leur temps à me comparer à d’autres plus jeunes, moins diplômés  dont la réussite matérielle semblait, à leurs yeux, justifier une supériorité. Ils sont allés jusqu’à me rendre responsable des attaques subies par mes enfants, transformant mon devoir de protection en une faute, et qualifiant ma trajectoire d’imposture. Beaucoup, dérangés par mon refus de subir en silence, ont perçu mon engagement non pas comme une vertu, mais comme un zèle insupportable. Ils auraient préféré que je me taise, que j’accepte le compromis pour préserver les apparences.

J’ai compris très tôt qu’ils ne pourraient jamais saisir le changement profond qui s’était opéré en moi, et j’ai cessé de vouloir les convaincre. Il était hors de question que je laisse des criminels usurper mon identité, ou que j’accepte un avancement factice en fermant les yeux sur des actes délictueux ; un tel succès m’aurait rendue prisonnière à jamais de ces réseaux. Pour moi, la réussite ne pouvait être qu’harmonieuse. Quel intérêt à réussir brillamment si c’était au prix de sacrifier le bien-être de mes enfants en les confiant à des inconnus surtout lorsqu’ils étaient plus jeunes ?

Même lorsque mes agresseurs sont allés jusqu’à faire supprimer mes données de retraite pour me punir de mon altruisme et m’humilier en me montrant que j’étais désormais « dépassée », je n’ai pas cédé. Ils voulaient me pousser à regretter d’avoir voulu aider. Face à ces manœuvres visant à m’isoler, j’ai choisi la fermeté. J’ai répondu à ceux qui me jugeaient que je continuerai à assumer mes responsabilités envers ma famille et moi-même jusqu’au bout.

À ceux qui ne supportaient plus ma résilience ou ma quête de justice, j’ai simplement signifié que le navire était là, et que ceux qui souhaitaient le quitter étaient libres de partir ».

Ceci étant ces proches n’étaient ils pas en train de la mettre en garde contre elle-même ? Après tout dans le film le masque de Zorro, Don Diego de la Vega était un noble fortuné, propriétaire d’une vaste hacienda, qui choisit pourtant de consacrer sa vie à la protection des plus démunis. En transmettant son masque et sa mission de Zorro à Alejandro de la Murrieta, il ne lui offre pas seulement un rôle de justicier, mais un héritage complet. En acceptant cette mission noble, Alejandro devient le digne successeur du vieux héros : il hérite de son immense domaine et scelle cette union en épousant sa fille, Elena. Ce parcours démontre que l’engagement altruiste au service du peuple n’exclut pas la réussite ; au contraire, il peut mener à une ascension totale, où le prestige et la richesse servent de socle à une vie de famille accomplie et à un engagement durable.

Nous vous invitons à lire la conclusion proposée pour clore cette série dans la prochaine infobulle.

Infobulle n° 204 : Engagement, habiletés sociales, accomplissement

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