Info news n° 194  Connaissance, culture, « diplomatisme »

Nous proposons la première newsletter de la série qui est consacrée à la connaissance à la culture et au savoir être débutée en n° 193.

Pour cette série nous souhaitons prendre appui sur la production audiovisuelle le Comte de Monte Cristo sorti diffusé en 2025 avec P. Niney comme acteur principal dans le rôle du Comte. Cette version a été réalisée par M. Delaporte et A. Patellière.

Nous rappelons que cette série est adaptée de l’ouvrage de l’auteur A. Dumas publié pour la première fois en 1846 sous sa forme complète. Avant cela, il est paru sous forme épisodique dans un journal entre 1844 et 1846.  Nous précisons pour nos lecteurs que nous avons lu l’ouvrage de Dumas lorsque nous étions encore au Lycée à Chamalières  en Auvergne et que nous avons regardé les deux versions cinématographiques citées dans cette newsletter. Nous choisissons la version la plus récente.

Pour ce premier volet de la série,  infonews n° 194, il faut retenir les mots clés suivants : connaissance, culture, « diplomatisme ».

Nous rappelons la question générale posée en introduction ci-dessous :

« De la quête de légitimité à l’exercice de l’autorité : comment le savoir et la culture transforment l’expert en une figure engagée?  »

Pour commencer, nous avons pris l’habitude de croire qu’un expert est avant tout un technicien : quelqu’un qui « sait faire ». C’est une erreur de perspective. Avant d’être capable de produire un résultat technique, il faut être capable de circuler.

Le Diplomatisme est ce savoir-être indispensable qui nous permet de passer d’un monde à l’autre d’un clan à un autre, d’une entreprise à une autre, d’un secteur à un autre  sans jamais être un intrus.

Avant la maîtrise de votre métier, vous devez posséder la maîtrise du terrain. Cette connaissance transversale, c’est votre capacité à lire ce qui ne s’écrit pas :

  • L’histoire et les codes : Comprendre les usages, le langage et les références qui font que l’on appartient ou non à un milieu.
  • Les jeux d’influence : Repérer les lignes de force, les clans et les réseaux qui dirigent réellement les décisions.
  • Le « terrain » : Savoir à qui l’on parle, ce qui est valorisé, et ce qui est perçu comme une faute de goût ou une erreur stratégique.

Le diplomatisme, c’est le « savoir-être » qui transforme cette connaissance en action. Ce n’est pas une compétence technique, c’est une manière d’occuper l’espace :

  • L’Observation : C’est le silence et l’écoute. Avant de vous imposer, vous apprenez la cartographie humaine du lieu.
  • L’Adaptation : Vous ajustez votre posture, votre discours et vos références pour que votre expertise soit « traduisible » dans la langue de votre interlocuteur.
  • La Justesse : Vous ne cherchez pas à avoir raison, vous cherchez à être à votre place. C’est ce qui fait que votre expertise finit par être acceptée et valorisée.

La réussite durable repose sur un ordre immuable que beaucoup oublient :

  • D’abord, le Diplomatisme : Je m’imprègne de la culture du milieu, je deviens un interlocuteur crédible.
  • Ensuite, l’Expertise : Je déploie mes compétences techniques, car le terrain est désormais prêt à les recevoir.

Nous partons du postulat suivant :

le Diplomatisme, c’est la preuve que vous avez compris le monde. Et tant que vous n’avez pas prouvé que vous comprenez le monde, personne n’est prêt à écouter ce que vous avez à offrir.

Ainsi le témoignage que nous souhaitons proposer dans cette série, concerne une proche rencontrée dans un réseau, le même que celui de la chercheuse en entrepreneuriat féminin évoquée dans les deux autres séries. Ici, il s’agit d’une entrepreneure qui a choisi d’aller se mettre à son compte suite à la découverte d’une opportunité mais aussi parce qu’elle souhaitait mieux concilier sa vie personnelle et son travail. Elle s’est mise à son compte pour créer un business lié à la gestion des risques psychosociaux à travers une offre de services à l’époque alliant remise et enforme et soins venus d’ailleurs.

A la fin de cette expérience entrepreneuriale, elle a choisi d’aller comprendre ce qui n’avait pas marché dans sa façon de faire en allant regarder d’autres entrepreneurs dans cette même situation mais ayant créé d’autres types d’entreprises. Pour comprendre ce qui selon elle n’avait pas marché, elle a choisi de reprendre des études et d’effectuer une recherche doctorale sur des mots clés sortis de son terrain, ceux-ci ont été transformés en problématique ensuite pour les besoins de son travail.

A la fin de ce travail, s’apprêtant à l’exploiter et à décliner son projet professionnel comme prévu, elle s’est vu privée de la possibilité de le faire pour des raisons multiples. Pour ne pas perdre ses années de formation, elle a choisi une autre méthode que nous décrivons dans la prochaine newsletter.

Ce témoignage illustre une vérité fondamentale : dans un environnement professionnel devenu complexe et fragmenté, la capacité à franchir les frontières ne dépend pas de votre bagage technique initial, mais de votre agilité à comprendre les codes des milieux que vous traversez.

Savoir naviguer entre les mondes est, en réalité, la compétence transversale par excellence. C’est elle qui transforme un expert isolé en un acteur influent, capable de traduire ses idées pour les rendre audibles dans n’importe quel écosystème.

Pour illustrer cette mécanique du « savoir-être diplomate », nous avons choisi de nous appuyer sur une œuvre qui, mieux qu’aucune autre, incarne cette trajectoire : Le Comte de Monte-Cristo. Car Edmond Dantès n’est pas seulement un héros de fiction ; il est la démonstration vivante que pour devenir le maître de son destin, il faut d’abord apprendre à lire le monde avant de vouloir le transformer.

Au fond de sa cellule, Edmond Dantès n’a pas seulement été instruit, il a été révélé. Son compagnon, l’abbé Faria, ne lui a pas appris qu’à lire ou à compter, il lui a offert une vision transversale du monde. En lui transmettant l’histoire des nations, les jeux de pouvoir et les subtilités des réseaux humains, Faria a transformé ce marin naïf en un observateur lucide.

Dantès a compris que le pouvoir ne réside pas dans la force, mais dans la maîtrise des codes, des silences et des rapports de force. Ce désapprentissage de la naïveté a été sa vraie libération. Il a intégré cette connaissance pour bâtir une stature : lorsqu’il quitte le château d’If, il n’est plus un homme qui subit le monde, mais celui qui le déchiffre parfaitement.

Son diplomatisme est né de cette synthèse : la capacité de naviguer entre les mondes avec une aisance qui transforme son expertise en une autorité naturelle. Il ne se contente plus de faire, il comprend la grammaire des lieux qu’il habite. Il est désormais prêt à agir, car il a acquis la compétence transversale nécessaire pour transformer le réel.

Mais ce savoir que nous nommons « diplomatisme » est il le seul capable de faire de nous des leaders ou des personnes susceptibles d’être suivies ou écoutées voire même crues ?

Nous poursuivons dans la prochaine infonews notre exploration.

Pour connaitre la suite du témoignage, il faut consulter, l’infobulle n° 195 : connaissance, culture, leadership.

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