
Nous finissons la série de newsletters associant la conquête spatiale et l’économie durable plus précisément l’agriculture de précision débutée en n° 175. Pour cette série spéciale « conquête spatiale » nous avons choisi une saga américaine en trois volets « Retour vers le Futur » dont le personnage principal est l’acteur américain Michael J. Fox.
A la question suivante :
« Dans une logique de construction d’une économie durable dans le domaine de l’agriculture de précision, dans quelle mesure les avancées et progrès techniques réalisés grâce à la conquête de l’espace peut contribuer à résoudre le problème de la sécurité alimentaire de ce continent à travers la méthode du bricolage ? »
Nous avons tenté des réponses multiples en nous servant de l’univers de l’utopie à travers :
L’anachronie, l’hétérotopie, la prochronie. Pour la présente infonews n° 179 : conquête spatiale, économie durable, uchronie.
Pour commencer , l’uchronie est considérée comme un genre littéraire, cinématographique ou artistique qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire.
Le terme, forgé par le philosophe français C. Renouvier en 1876, est construit sur le modèle du mot « utopie » (le « non-lieu »), en remplaçant « topos » (lieu) par « chronos » (temps). On pourrait donc le définir comme un « non-temps » ou un temps qui n’a pas eu lieu.
L’examen rétrospectif des politiques d’ajustement structurel (PAS) des années 1980 et 1990 révèle une faille conceptuelle majeure : l’absence de corrélation entre les modèles macro-économiques appliqués et la réalité granulaire des territoires africains. Ce déficit d’intégration des savoirs locaux a engendré une volonté d’autodétermination : « faire pour soi, par soi ». Une analyse uchronique permet de démontrer comment l’intégration de la dimension spatiale, comme outil de pilotage, aurait pu transformer radicalement ces trajectoires.
Si les politiques d’ajustement avaient été adaptées aux besoins locaux et soutenues par les données spatiales, le développement aurait pu s’articuler autour de trois axes de souveraineté : une cartographie satellitaire en temps réel des zones à haut potentiel vivrier aurait permis au Togo de protéger l’agriculture locale contre la désorganisation des marchés d’importation ; une gestion spatiale basée sur le cadastre numérique et l’analyse de la productivité par parcelle aurait servi au Zimbabwe de socle technique à une transition agraire graduelle, préservant le capital productif ; et la caractérisation spatiale des écosystèmes aurait permis de valoriser les savoir-faire issus de l’histoire afro-brésilienne par une labellisation géographique, transformant des productions artisanales en filières industrielles structurées.
La conquête spatiale, via l’imagerie et les données géospatiales, agit aujourd’hui comme le correctif structurel que les PAS n’ont pas pu mobiliser, permettant de passer d’une gestion en aveugle à une gestion de précision. Cette technologie permet de transformer chaque parcelle en une unité de production mesurable, facilitant l’optimisation des rendements adaptée aux spécificités locales. La maîtrise spatiale des flux permet également d’optimiser les chaînes de valeur, rendant possible la transformation des produits sur place, où l’industrie locale devient le prolongement naturel de l’exploitation agricole.
En offrant une contre-expertise indépendante, la donnée spatiale permet aux acteurs locaux de piloter leur économie sur la base de preuves physiques plutôt que sur des cadres théoriques exogènes, réduisant ainsi l’asymétrie d’information qui a caractérisé les échecs passés.
L’industrialisation en Afrique subsaharienne n’est donc pas une simple réplication de modèles industriels du XXe siècle, mais la résultante de la réappropriation du territoire par la donnée. En utilisant l’outil spatial pour combler les lacunes structurelles des anciennes politiques économiques, les acteurs locaux établissent un nouveau paradigme de gestion fondé sur l’identification précise des ressources territoriales, l’application de techniques de précision pour maximiser la production, et une transformation locale basée sur des données fiables. L’uchronie démontre que l’échec des PAS fut autant économique que spatial : une incapacité à intégrer la géographie dans la stratégie industrielle.
L’industrialisation actuelle, propulsée par la donnée spatiale, inverse ce paradigme. En substituant l’analyse empirique de l’espace à l’imposition de cadres théoriques, cette approche permet aux acteurs locaux de reprendre la maîtrise de leurs trajectoires, transformant des potentiels historiques en actifs économiques tangibles, souverains et durables.
La manipulation des flux temporels n’est pas qu’un simple ressort narratif, mais une métaphore de l’uchronie : elle illustre comment une divergence initiale dans le passé modifie les trajectoires du présent, transformant ce qui n’était qu’une possibilité théorique en une réalité supposée.
Ainsi cette uchronie est visible dans la saga « Retour vers le futur II» lorsque, le voyage temporel devient un outil de remodelage complet de la réalité.
En remettant l’Almanach des sports au jeune Biff en 1955, le vieil antagoniste lui offre une connaissance absolue du futur, lui permettant de manipuler le hasard. Cette faille transforme radicalement Hill Valley : Biff s’enrichit illégalement, corrompt les institutions et bâtit un empire à sa gloire. La ville devient méconnaissable, le paysage social est dévasté et la famille de Marty est totalement disloquée. Biff impose ainsi sa propre version du destin à toute la collectivité. Face à cette réalité alternative,
Marty et Doc doivent mener une véritable traque pour identifier le point de divergence historique. Leur mission n’est plus seulement de survivre, mais d’annuler cet « autre présent » pour restaurer la trajectoire naturelle de l’histoire.
À travers ces récits, le flux temporel cesse d’être une simple loi physique pour devenir le théâtre d’une uchronie où chaque version du monde n’est que la projection mentale de nos interlocuteurs ou de nos antagonistes.
Le témoignage commencé en news n° 176 mettant en scène de la mise à mort et falsification de l’histoire d’une famille entière par des individus peu scrupuleux s’adonnant au racket en bande organisée. Après le récit de l’agression de la famille, la tentative de destruction de la famille et la tentative d’usurpation d’identité du fils aîné par le fils du même âge du Biff moderne, cette info news relate une autre de leur tentative pouvant être considérée comme « uchronie ».
Pour accéder à ce travail, ils ont orchestré une manipulation grossière : ils ont tenté de faire passer son fils aîné pour celui de sa belle-sœur. Cette manœuvre reposait sur une impossibilité biologique : la sœur de son époux, qui avait effectivement rencontré de lourdes difficultés à enfanter par le passé, n’a eu son propre fils aujourd’hui âgé d’une dizaine d’années que bien plus tard., Cette belle-sœur a eu recours à l’adoption pour devenir mère suite à ses problèmes de fertilité,
La femme, et digne héritière de la lignée des femmes de sa famille, mère de deux fils biologiques de 18 et 14ans, a vu dans cette tentative, une volonté cruelle et machiavélique de fragiliser sa filiation voire une tentative de détruire sa famille.
Ils sont allés jusqu’à faire croire que son époux était manager d’un restaurant fast Food de la région parisienne et que cette personne qu’ils attaquaient ne racontait que des âneries sur sa vie. Nous rappelons que son mari travaille pour une grande entreprise du pays. Il s’agit d’un groupe industriel mondial dont l’activité repose sur la maîtrise de systèmes critiques extrêmement complexes. On peut le définir comme un concepteur et intégrateur de confiance opérant à l’intersection du numérique, du logiciel et de la cybersécurité.
Pour finir pour obtenir le travail tant convoité, ils ont fait croire qu’elle l’avait réalisé gratuitement pour le compte d’une des cadres de l’institution. Ce qui n’était absolument pas le cas puisqu’elle n’aurait jamais accepté de travailler dans ces conditions si ce travail n’avait pas été un projet professionnel pour elle.
Nous voyons à quel point mise en de mauvaises mains, la technique de uchronie peut créer un brouillard de confusions permettant de faire exister une réalité voulue et fantasmée par des antagonistes, dans le but d’effacer une vie réelle. Tout cela pour des raisons de domination et d’accès au pouvoir à travers une progression fulgurante défiant les réalités de l’ascension professionnelle.
Nous proposons une conclusion dans l’info bulle à venir :
Info bulle n° 180 : conquête spatiale, économie durable, ingénierie