
L’usurier rentra tard chez lui ce soir-là et se mit à discuter avec claire, sa compagne l’influenceuse. Elle lui demanda pourquoi il avait un air songeur.
Il se mit à lui expliquer tous les problèmes qu’il rencontrait avec la mise en place du piège. La première partie s’était très bien passée avec le centre de formation. La proie avait été « volée », isolée…
- Quelques collègues et moi, sommes en train de la faire passer pour celle qui aurait pris mon travail !
- Mais alors qu’est ce qui te préoccupe ? demanda sa compagne
- Je n’ai rien trouvé qui justifie tout ce que SA raconte. J’ai fouillé sa vie, j’ai regardé les différentes données, et je suis sceptique. Nous n’avons aucun fondement légal…
- Es-tu sur de cela ? Dans ce cas, tu vas devoir demander à quelqu’un de tout falsifier afin qu’elles correspondent à tout ce que SA a dit
- Récapitulons… le frere de SA aurait payé les études de cette femme donc SA et sa famille ont des droits sur tout ce qu’elle produit. Elle n’aurait travaillé que trois années au total s’installant chez elle pour soi-disant s’occuper de ses enfants alors qu’elle n’est pas enseignante spécialisée et que ses enfants n’ont absolument aucun problème. Ils sont tout à fait normaux lorsqu’ils les voient sauf l’un d’eux qui parfois peut être caractériel. Mais cela, c’est le fruit de la mauvaise influence et de la mauvaise éducation que cette femme cette idiote donne… L’appartement appartient entièrement au frère de SA, par conséquent il est possible de faire un prêt à son nom pour la tv web numérique sans le consentement de sa connasse d’épouse… Peut on appeler cela épouse ou mariage après tout, c’est peut être un mariage blanc… On va faire passer tout cela comme véridique. Dernière chose, pour qu’elle soit chassée de son église, il faut faire croire qu’elle n’est pas chrétienne mais animiste que son prénom authentique lié à la pratique de la sorcellerie.
- Haines suggère aussi qu’on rappelle l’histoire de sa famille pour la rendre encore plus coupable, il faudrait évoquer l’esclavage, la colonisation, et les faire passer pour des collabos qui doivent quelque chose à la communauté que nous représentons. Ajouta Claire.
Le téléphone sonna et Haines, impatient de s’accaparer du travail et l’identité de cette femme inconnue voulut savoir ou en était le projet.
L’usurier, Osiris s’empressa de lui faire part de ses remarques. Haines suggéra qu’un harcèlement soit lancé contre elle sur le net par les blogueurs afin qu’elle sache à quoi elle risque de se frotter si elle tente de résister. Il refusa de croire que SA aurait menti, ou raconté des choses qu’elle ne maitrisait pas. Il pensait juste que cette femme était suffisamment habile pour avoir caché ses transgressions. D’ailleurs il fallait lui inventer une vie parallèle de femme de joie. Il finit la conversation en rajoutant ceci :
- Il faut absolument la faire passer pour l’une des nôtres qui travaillait pour nous incognito, ces incompétents de services de renseignement de son pays de résidence ne feront qu’une bouchée d’elle… Ils n’ont jamais réussi à me choper …allez ! on va leur faire un petit cadeau, on leur donne cette idiote qui va les occuper pendant qu’on va s’occuper de nos affaires, de nos plans.
- Tu crois qu’ils vont marcher ? comment on peut faire ? je vais demander à ma binôme de s’en occuper. S’inquiéta l’usurier.
- T’inquiète pas, j’ai eu suffisamment affaire avec eux pour savoir qu’ils vont mordre à l’hameçon. Elle est cuite. Pendant ce temps, on pourra avancer tranquillement.
Quelques mois plus tard, ils se réunissent en catastrophe, les mêmes lieutenants du début, les novices qui les aidaient et avaient encore invité SA.
La proie ne s’était pas montrée docile. Elle avait tenté des choses pour faire connaitre sa version et malheureusement certains se sont mis à douter de leur histoire. Une personne du centre avait même contacté sa famille, ses amis pour qu’ils lui viennent en aide et témoignent de qui elle est. Elle s’est mise à écrire des nouvelles sur son blog. Ils voulaient en discuter.
- SA, tu nous mis sur cette affaire il faut absolument nous faire sortir de là !! cria Haines.
- Je propose que nous prenions ces petites nouvelles stupides et que nous disions qu’il s’agit de notre famille, je propose qu’on mette de la confusion dans son message. On va produire des doublons avec l’intelligence artificielle et décrire ma famille à chaque fois qu’elle aura cité un membre de la sienne pour personnaliser. Ainsi on ne saura pas si elle est ou moi. proposa SA.
Puis elle continua toujours enflammée, pas inquiète le moins du monde, toujours avec le même sang-froid. Elle voulait qu’on mette ses dettes sur le dos de l’idiote volée isolée afin qu’elle soit dépossédée de son appartement comme cela elle (Sa) et son mari s’en sortiraient indemnes !
- J’inviterai souvent ses enfants à déjeuner, comme cela, on aura des photos ensemble et on croira que ce sont mes enfants. On va cette fois ci la faire passer pour moi et moi pour elle. On créera une page web. Pendant ce temps, guettez bien son ordinateur et veillez à effacer ses preuves dès que vous en aurez l’opportunité.
- Sa rajouta, chez nous, les femmes appartiennent au clan d’une famille. Elle nous doit totale soumission et obéissance. Elle se croit libre et indépendante par rapport à l’éducation qu’on lui donnée, et parce qu’elle a vécu en France mais nous on s’en fout !! elle se soumet ou on la soumet… Elle doit savoir qui commande chez nous … son appart paiera nos dettes, c’est comme cela. Point barre. On continue. Elle va comprendre que sa conception du mariage ne coïncide pas avec la nôtre.
Comme ils espionnaient cette femme chez elle, par un système d’espionnage sophistiqué impliquant l’internet et le web, ils ont pris le soin d’envoyer une vidéo provocatrice pour la défier en lui disant que les afros méritaient leur économie et qu’elle allait payer pour les fautes de ses ancêtres et qu’elle n’était qu’une menteuse etc etc… Ils voulaient savoir où elle en était émotionnellement.
Dans une colère enflammée, cette proie cette idiote parlait à son écran comme sans se douter que des personnes mal intentionnées l’écoutaient :
- Je sais que je ne devrais pas dire ceci, mais vous êtes des vermines à éradiquer. Tôt ou tard les gens se rendront compte que vous êtes des imposteurs que votre combat que celui du ventre et non celui de la communauté. Vous ne me ferez jamais rien car je n’ai jamais rien pris à personne. Et je vais vous dire, je détruirai tout plutôt que de vous donner quoi que ce soit… Vous êtes en colère car je suis tout le contraire de ce que vous prônez ! le pire est que j’ai certainement connu plus de déboires que vous en tant qu’immigrée mais seuls vous savez vous plaindre comme des ….
Sa voix mourut dans un bruit de micro mal branché …
Ils furent sous le choc, de son agressivité, de sa colère , de sa détermination alors qu’en réalité ils pensaient la voir abattue prête à déposer les armes. Ils ne s’attendaient pas du tout à cette rencontre fortuite, ne la connaissaient qu’à travers les dires de SA, et ses photos sur sa page photos sur lesquelles, elle avait l’air calme et douce. Rien qui laisser supposer une telle agressivité …
- La pauvre, elle ne sait pas qu’on se sert juste de l’histoire pour l’attaquer !!! elle sort des arguments historiques bla bla… s’étonna Claire.
- Son arrogance m’agace beaucoup, hurla Haines…
- Et bien, occupons nous de ses enfants, mais pour cela, on aura besoin de ceux qui veulent son travail dans le centre de formation. On aura besoin de leur réseau. Il faut empêcher ses enfants d’être soignés comme cela il n’y aura pas de preuves de ce qu’ils ont.
L’une des dames assises surnommée Iron Fire, répliqua pour la première fois,
- On va voir si elle a autant de caractère que cela. On va faire infiltrer le cercle de son ainé et lui créer des problèmes avec la justice et la police. On va rigoler puisqu’elle se croit « forte ».
Avoir entendu la voix et les mots durs de cette personne qu’ils surnommaient « l’idiote en privé » avait rendu l’usurier perplexe. Il se disait que dans le centre de formation, elle était toujours mielleuse et là c’était quasiment une autre personne… Cela le dérangeait énormément. Il se demandait qui il avait vraiment en face de lui. Il n’allait sans doute pas tarder à le savoir.
La proie vivait une vie libre et indépendante, elle pensait que son travail était universel et qu’il visait tous ceux qui se sentaient concernés , pas une communauté en particulier. Elle revendiquait ses origines et son éducation dans ses écrits, elle mettait en avant sa famille et ses croyances. Elle était presque aussi radicale qu’eux mais dans un autre registre… Quelle galère !
Nous pensons œuvrer pour notre communauté et elle pense que nous sommes le problème de notre communauté ! elle nous surnomme « monnaie de pacotille » nous comparant ainsi à la monnaie en vigueur héritée de la colonisation que nous combattons..
« Ne nous sommes-nous pas faits avoir par cette SA ? » osa se demander l’usurier pour la première fois.
Nous finissons avec le prochain volet avant de proposer une conclusion à cette série.
Pour connaitre la suite de notre news fiction, nous vous invitons à lire l’infobulle n° 245 : réseaux, équilibre vie privée-vie familiale, refus catégorique.